château de Dalmaz

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château de Dalmaz

Message par lebeaujus le Mer 1 Juin - 6:45

Le château et la famille des nobles Dalmaz :


1. Situation et origines du château de Dalmaz.
Le château ou, pour être plus précis, la maison-forte de Dalmaz est
au Moyen-Âge située sur la paroisse de Cosongier (aujourd’hui La-
Balme-de-Sillingy). Au XIVe siècle, celle-ci ne compte pas moins de deux
châteaux forts, comme on l’a vu : l’un se trouve au chef-lieu, au pied de
la Mandallaz, l’autre, celui de La Bâtie, est plus à l’ouest, sur la colline qui
surplombe l’actuel plan d’eau artificiel de La Balme. Ces deux places
fortes appartiennent alors aux comtes de Genève, qui viennent souvent
résider au château de La Balme, et revêtent une importance stratégique et
économique capitale : elles fortifient La Balme, qui est placée au
croisement de la route entre Annecy et Seyssel (d’est en ouest) et une
route secondaire entre Rumilly et Genève (du sud au nord) et
commandent l’entrée de la vallée des Petites Usses en direction de
Frangy et Seyssel. La Balme, grâce à la Mandallaz, bénéficie
d’importantes réserves de bois (pour la construction comme pour le
chauffage, qui est si important dans nos régions), de gibiers et d’un
réseau hydrographique suffisamment conséquent pour permettre
l’installation de moulins à eau. Si l’on peut encore trouver en contrebas
de La Bâtie, sur la route de La Bonasse, les restes d’un de ces moulins, il
ne reste aujourd’hui plus rien de ces deux châteaux forts.
C’est au nord de cette place stratégique de La Balme-La Bâtie, sur
cette petite route qui mène depuis La Balme jusqu’à Genève en passant
par Cruseilles, qu’est construit par les comtes de Genève, le château de
Dalmaz, pour suppléer la défense des deux châteaux forts, probablement
au XIIIe ou au XIVe siècle. Les origines de cette maison-forte sont
obscures. Ce que l’on sait par contre avec certitude, c’est qu’à la fin du
XIVe siècle, un certain noble Pierre de Dalmaz habite La Balme. C’est
vraisemblablement à lui ou à son père, noble Jean de Dalmaz, le plus
lointain ancêtre connu de la noble famille de Dalmaz, que la maisonforte
qui porte ce nom est inféodée par les comtes de Genève. Avec le
bâtiment, la famille des Dalmaz reçoit un ensemble de droits
seigneuriaux, qui leur sont payés en argent ou, plus souvent, en nature
(céréales, volailles...), des hommes (c’est-à-dire des serfs pour exploiter ce
domaine), des terres etc. Tout ceci constitue la seigneurie de Dalmaz
dont on sait qu’elle existe déjà bien avant 1448, date où on en a une
mention précise. En contrepartie, le seigneur de Dalmaz doit à son
maître, comte de Genève puis comtes et ducs de Savoie, un ensemble de
services et doit lui prêter l’hommage féodal.
Qui a donné son nom à qui ? La famille de Dalmaz a-t-elle identifié
son patronyme au château ou cette maison-forte a-t-elle donné son nom
à ses premiers propriétaires ? On ne saura sans doute jamais ; ce que l’on
sait, en revanche, c’est que la noble famille de Dalmaz est très ancienne.
Certains font remonter leur souche aux Croisades. D’aucuns racontent
même, en jouant sur les mots, que le sultan de Damas aurait été fait
prisonnier par les Croisés et ramené en Occident. Une fois libéré, il
aurait donné naissance à la famille de Dalmaz. Si la légende est trop belle
pour paraître réaliste, elle a sans doute quelque fondement de vérité, les
nobles de Dalmaz ayant peut-être participé aux expéditions en Terre
Sainte.
On pourra trouver dans les textes de nombreuses graphies du nom
Dalmaz : Dalma, Darmaz, Darma, Dalmat etc. On notera bien que, dans
ce mot, la syllabe « az » se prononce comme un « a » ouvert et non
comme un « a » atone, équivalent d’un « e » muet, comme c’est le cas
dans la plupart des mots savoyards qui comportent cette finale. Les
autres graphies mentionnées ci-dessus, dont les occurrences sont
nombreuses, nous le prouvent.
Il convient de s’arrêter un peu sur le patronyme « Dalmaz ». Il est
très rare que, dans les textes d’archives, la famille noble de ce nom n’ait
pas la particule mais l’on doit signaler que très tôt, dès le XVIe siècle au
moins, il existe à La Balme, à Sillingy et dans les paroisses alentour des
familles roturières, assez nombreuses, qui ont pour patronyme Dalmaz,
mais cette fois sans particule. Il s’agit là très vraisemblablement de la
descendance d’un bâtard d’un noble de Dalmaz.

2. Le château de Dalmaz jusqu’à nos jours.
Le château et la seigneurie de Dalmaz appartiennent à la famille du
même nom jusqu’au XVIIIe siècle. Un historien du siècle dernier a pu
écrire : « Au seizième et dix-septième siècles, ce dut être une agréable
gentilhommière. L’on retrouve, au rez-de-chaussée, la vaste cuisine et
l’énorme cheminée sous laquelle, auprès du tronc brûlant au foyer, les
chasseurs séchaient leurs guêtres, racontant à la châtelaine comment et à
quels coins ils avaient abattu les lièvres et les levrauts que le piqueur
étalait sur la table de chêne ». Avec sa terrasse au sud dominant la vallée
et les vignes qui poussaient alors sur le coteau en contrebas, la famille de
Dalmaz a dû y vivre des jours heureux jusqu’à ce qu’un drame sonne le
début du déclin de ce puissant lignage. Le sire Jean de Dalmaz qui
mourut en 1665 eut en effet bien des déboires avec sa progéniture : de
nombreux enfants morts en bas âge et un fils, Gaspard, qui, d’après son
testament, l’a « toujours vexé en procès », lui a infligé « de mauvais
traitements qu’il lui a fait tant pour s’être saisi d’un pistolet chargé pour
lui mal faire, étant en sa maison de Dalmaz que encore pour lui avoir fait
et indüement et injustement divers procès comme encore pour s’être
marié à son insceu à une fille de cabaretier dont une de ses plus proches
parentes a été exécutée ». Noble Jean de Dalmaz rejeta son fils Gaspard.
C’est son autre fils, Joseph, qui devient après la mort de son père, le
propriétaire du château. Il meurt le 18 septembre 1709, à l’âge de
soixante-sept ans et l’abbé Margueret dans sa monographie de La Balme
a pu écrire à son propos : « par la mort de ce susdit noble, s’éteint cette
antique maison que certains auteurs font remonter aux Croisades ». Il
n’habitait pas seul au château de Dalmaz, il y vivait marié mais ne laissa
pas d’enfants. Il finit sa vie sans doute dans le besoin, ayant miné sa
fortune à force de procès. C’est à sa nièce, Valentine de La Grave (1666-
1733) que revient le château : son mari, noble Claude Antoine de
Laconay (mort en 1721) rachète le château à son oncle par alliance vers
1696. La fille issue de ce couple, Marguerite de Laconay (1700-1758)
épouse le sieur Joseph Rubelin, bourgeois d’Annecy, qui par sa mère,
Reymondine de Dalmaz, est neveu de noble Joseph de Dalmaz. La
famille Rubelin possède le château jusqu’à la Révolution. Pour certains, le
fait que les Rubelin n’étaient pas nobles et sans doute engagés dans la
Révolution a dû préserver le château de la destruction. D’autres
racontent qu’au contraire, la famille Rubelin émigra dans la tourmente
révolutionnaire et que leurs fermiers rachetèrent leur demeure.
Au XIXe siècle, en tout cas, le château est partagé entre différentes
familles de cultivateurs : les actuels propriétaires en sont les ayant-droits.
Le château de Dalmaz eut beaucoup à souffrir des incendies. On en
compte au moins trois, rien que pour le XIXe et le XXe siècles : en juillet
1865, en 1906 et plus récemment dans la nuit du 14 au 15 décembre
1985. La dernière restauration d’envergure date de quelques années et a
permis de doter la tour du château d’un revêtement idoine.
Le bâtiment se signale enfin par un puissant escalier renaissance à
l’italienne. Il y a lieu de remarquer cet élément monumental, rare dans la
région et datable de la seconde moitié du XVIe siècle, alors que la plupart
des châteaux de cette époque sont généralement dotés d’une « viorbe »
(escalier à vis).

3. Les blasons au château de Dalmaz.


Ce qui frappe le plus le visiteur qui vient au château est la présence
remarquable et remarquée d’écussons. On en donne ici une
interprétation.

a) Au dessus de la grande porte d’entrée.
Les belles armoiries qui y sont taillées dans la pierre blanche sont
celles de noble et puissant Charles-François de Dalmaz, seigneur de la
maison-forte dudit lieu. En voici sa description et son décryptage. Deux
lions, symboles de force et de bravoure, soutiennent un écu où figurent
un écu parti : à dextre de sinople à deux fasces ondées d’argent ; à senestre de
gueules au chevron d’argent. Autrement dit, on trouvera à droite, deux bandes
ondulées blanches sur un fond vert et à gauche, un chevron blanc sur un
fond rouge. L’écu est surmonté d’un heaume avec pour cimier un cheval
issant, c’est-à-dire un cheval apparaissant à mi-corps. Il n’est pas très aisé,
du sol, de distinguer de quel animal il s’agit mais si l’on veut bien se
donner la peine d’observer le bout de ses pattes (surtout si l’on grimpe à
une échelle !), on constate qu’elles sont munies de sabots, la tête a
grossièrement les traits de celle d’un équidé et une série de traits
représentent la crinière. On prêtera une attention toute particulière au
heaume où les détails sont soignés : on pourra ainsi y repérer quatre
trous, de part et d’autre de la mâchoire, permettant au chevalier de
respirer.
Ce sont les armoiries de Charles-François de Dalmaz qui naquit vers
1530 et mourut entre 1587 et 1592 : la partie gauche de l’écu porte les
armes de la famille de Dalmaz et la droite, celles de sa femme, demoiselle
Louise d’Angeville. Ils vivaient tous deux au château de Dalmaz en 1561,
avec demoiselle Jeanne de Vidomne, mère de Charles-François, Michel
Dunant, demoiselle Pernette du Puys, Pernette Marquet et un serviteur.
Leur granger se nommait alors François Almant et s’occupait de leur
cheptel : deux boeufs, trois veaux, deux vaches, deux génisses, cinq
chèvres, quatre chevreaux, six grosses brebis et cinq petites brebis.
Il y a donc fort à parier que c’est noble Charles-François de Dalmaz
qui fit faire cette élégante sculpture et l’on peut donc la dater de la
deuxième moitié du XVIe siècle, à défaut de renseignements plus précis.

b ) Au dessus de la porte de la « cave » .
Pour qui veut bien se donner la peine de passer sous cette vénérable
ogive et jeter un regard sur sa droite, il découvrira au dessus d’une autre
porte de dimensions plus modestes, donnant actuellement sur une cave,
un nouvel écu, parti : à dextre de gueules au lion d’argent ; à senestre de sinople à
la fasce ondée d’argent. Autrement dit, à droite un lion de couleur blanche
sur un fond rouge et à gauche, une bande ondulée blanche sur un fond
vert. On aura reconnu à gauche les armes des d’Angeville qui figurent
déjà au dessus de la porte d’entrée. Les autres armes sont celles de
l’antique famille de Beaufort, « une des plus illustres et des plus
anciennes familles historiques de Savoie », dit l’Armorial d’A. de Foras.
Ce sont donc les armoiries de noble Christophe d’Angeville, mort
en 1573, père de Louise d’Angeville et beau-père de Charles-François de
Dalmaz, dont on a déjà parlé, qui fut un des personnages les plus
puissants du duché de Genevois, dans le troisième quart du XVIe siècle.
Il avait épousé demoiselle Bernarde de Beaufort, fille de noble Pierre de
Beaufort, seigneur de Beaufort et d’Antoinette de Menthon : voilà
pourquoi les armes de la famille de Beaufort sont présentes sur les murs
du château de Dalmaz.
Placer des armoiries au dessus de l’entrée d’une cave peut paraître
bien étrange. A quoi pouvait donc bien servir cette pièce pour qu’à sa
porte, on fasse figurer un écu ? Un document de 1665 nous indique que
cette pièce est appelée « fraidier » (l’ancêtre de notre actuel réfrigérateur)
et que l’on y entreposait des victuailles, singulièrement de la viande. De
nos jours, un saloir s’y trouve encore. Les seigneurs de Dalmaz
entreposaient dans cette petite salle voûtée, en forme de « L » placée sous
un escalier, théoriquement plus fraîche et éclairée seulement par deux
petites ouvertures, leurs réserves de toute sorte. Au fonds de la pièce se
trouvait, il y encore quelques dizaines d’années, un puits, aujourd’hui
comblé : ceci aurait pu constituer une très bonne réserve d’eau.
Rappelons-nous d’où provenaient les revenus des nobles de Dalmaz : de
l’exploitation que leur granger pouvait faire de leurs terres mais surtout
des redevances qu’ils percevaient, souvent en nature comme on l’a dit,
sur les paysans dépendant de leur seigneurie. On peut donc imaginer les
hommes du noble seigneur de Dalmaz venir payer, à la Saint-Michel ou à
la Noël, leurs redevances et, sous l’oeil du maître, mettre à l’abri dans
cette pièce quelques sacs de grains, quelques livres de chanvre, des oeufs,
des volailles... La légende dit qu’un souterrain relie le château de Dalmaz
et le château de La Balme ; peut-être part-il de cette petite crypte...
Aujourd’hui cave, cette pièce n’est donc pas si éloignée de sa fonction
première. La présence des armoiries se justifie alors : elles sont là pour
rappeler le pouvoir du seigneur du lieu à tous ceux qui lui doivent respect
et... des redevances seigneuriales.

c) Au dessus de la cheminée.
A l’intérieur, on voit une cheminée d’une longueur d’environ cinq
mètres et dont le manteau, cintré, fait apparaître en son centre une
sculpture taillée dans la mollasse du pays. Les armoiries qui y figurent
sont celles, tout simplement, de la famille de Dalmaz, de gueules au
chevron d’argent. Le décor attenant à cette sculpture est intéressant : il
représente deux baguettes entrelacées formant une espèce de couronne.
Aux quatre coins de cette couronne, un motif a été sculpté : en haut il
s’agit de deux têtes d’hommes qui semblent porter un couvre-chef et en
bas deux coquilles Saint-Jacques. D’aucuns racontent que Dalmaz était
un relais sur la route de Saint-Jacques de Compostelle. Rien ne vient
prouver une telle affirmation et on comprend difficilement comment une
habitation privée comme celle des nobles de Dalmaz aurait pu avoir une
telle fonction ; il faut donc rejeter cette hypothèse. On propose une
explication de cette symbolique : le père de Charles-François de Dalmaz
se prénommait Jacques. Il est donc possible que ce dernier ait fait sculpté
cet ouvrage en le signant en quelque sorte grâce à un jeu de mots basé
sur son prénom et la dénomination usuelle de ce coquillage. Si c’est le
cas, cette pièce date de la première moitié du XVIe siècle. On remarquera
que les deux visages sculptés ne sont pas de la même taille : celui de
gauche est d’une taille légèrement plus importante que celui de droite et
porte, de surcroît, une barbe. On peut y voir, à mon sens, le portrait des
propriétaires du lieu : noble Jacques de Dalmaz à gauche et demoiselle
Jeanne de Vidomne, son épouse, à droite. Cette hypothèse autoriserait
une dernière interprétation, certes compliquée mais qui ne manque pas
de charme, et qui aurait, à coup sûr, séduit nos ancêtres, férus
d’emblématique. En vieux français, « vis d’homme » signifie « visage
d’homme » et se prononce exactement comme Vidomne, patronyme de
la dame châtelaine que l’on vient de rencontrer...

d) Autres armoiries.
Il existait autrefois une autre sculpture, aujourd’hui disparue, sans
doute du fait des continuelles transformations intérieures qu’a connues le
château. Laissons la parole à un historien du siècle dernier qui en a laissé
une description : « Dans une chambre du premier étage l’on voit une
autre cheminée, moins grande, mais dont le manteau, cintré aussi, a plus
de trois mètres d’ouverture. Au centre est un écusson mi-parti, avec le
chevron à gauche et un lion, peut-être à droite ». Le chevron désigne
bien sûr les armes des de Dalmaz mais on en est réduit à des hypothèses
pour l’autre moitié de l’écu. Serait-ce le blason des Laconay (d’or au lion
de sable soit un lion noir sur un fond jaune), dont on sait qu’ils furent
propriétaires du château à la fin du XVIIe siècle, conjointement avec le
dernier de la race des Dalmaz ? On ne peut être ici affirmatif car jamais
un noble de Dalmaz n’a épousé une demoiselle de Laconay.

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Les Châteaux du chef-lieu

Sur les titres administratifs des XVIIIe et XIXe siècles, on note le nom de "petite ville". Le mot ville signifiait "château", avec ses accessoires ainsi qu'un assemblage d'un grand nombre de maisons disposées par rues et fermées par une clôture commune.
Dans l'enceinte du château fort de La Balme se trouvaient quelques maisons, ou même de simples habitations dont les occupants ne faisaient pas partie de l'armée ou de la garnison.
Le premier situe au pied de La Mandallaz était la propriété des comtes de Genève. Ceux-ci y résidaient fréquemment. Amédée III avait eu de sa femme, Mathilde de Boulogne, de nombreux enfants, quatre garçons et cinq filles dont Blanche, devenue Dame d'Arley. Un fils, devint Cardinal et Pape puis antipape, sous le nom de Clément VIl (1342-1394). A cette époque, il était évêque de Cambrai et il fit un assez long séjour à La Balme.
La Comtesse Mathilde parait avoir exercé une grande influence sur son mari et sur ses fils ; elle semble avoir toujours été associée à leur pouvoir. C'est d'elle, en effet, que le châtelain rapporte la souveraineté de La Balme ; il dit sans cesse les prés, les vignes, les moulins de la dame (domine) ; et c' est ainsi qu ' Amédée IV soumet à son approbation les dons qu' il a fait à la chapelle du château de La Balme. Elle testa à Rumilly le 28 août 1396 ; l'un des exécuteurs testamentaires fut un notaire, Guillaume de Crantz qui, à l'époque de notre compte, était déjà le receveur de ses finances, et, avec un autre notaire, Jean Mossere ou Moussiere, le principal de ses intendants.
Les jeunes fils de Mathilde de Boulogne venaient à La Balme avec leurs amis ; on y vit un jour le seigneur de Rossillon. L'un deux y laissa quelque temps son cheval de guerre. Il y avait des faucons que l'on régalait parfois avec les poules des redevances ; aussi rencontre-t-on deux fauconniers : Durand Bleyteron et Hugues-le-Sautier (le garde-bois). Les princes n'étaient pas riches ; ils empruntaient à leurs familiers, ou, sous leur cautionnement, à la banque des Asinari d' Annecy.
La Comtesse avait deux chatelains au moins : D. Guillaume Pollin et D. Jean Billiet ; elle en avait un troisième au château de La Balme : D. Laurent Belmont, prêtre du diocèse d'Evreux. Ce sont eux qui recevaient la plupart des denrées destinées à l' hôtel (hospitium) de la Comtesse et ses fils ; quant à l'argent comptant, que le châtelain payait par quartier, il le remettait à la Comtesse elle-même.
Le château de La Balme est en ruines depuis assez d'années pour que les paysans aient oublié qu' il appartenait à leurs anciens souverains. Il subit, au commencement de 1370, un incendie qui fut si rapide que la vaisselle d'argent ne put être sauvée. On dut la rechercher dans les décombres.
Les maisons des campagnes du Genevois étaient généralement recouvertes de chaume. Le château de La Balme avait une toiture plus élégante, mais plus combustible encore ; il était couvert en bardeaux (scinduli), sauf la grande tour qui avait un toit de tuiles. L'on acheta, en 1370, pour la réfection du toit 10000 bardeaux à cinq sols le mille, et 8 000 clous à trente six sols le mille; on put en faire une partie avec des vieux clous. Dix livres de fer coûtèrent 14 sols ; cinq serrures, la même somme. Une autre fois, à la suite d'un violent orage, l'on acheta 26000 bardeaux, et 22000 clous. L'agencement intérieur était assez perfectionné, puisque le compte rapporte que l'eau était amenée dans diverses parties du château.
La façon de travailler était fort singulière. Il est, en effet, formellement énoncé au compte que l'on employait 16, 20, 40, 80 ouvriers charpentiers ou manœuvres pour faire l' ouvrage en un seul jour ; de même pour les vendanges, les fauchaisons, etc... Si, à la rigueur, les quatre cents ouvriers vendangeurs que l' on rassemblait le même jour pouvaient travailler à la fois, il n'en était pas de même pour les artisans charpentiers et maçons.
Le prix de la journée de ces ouvriers était de 6 à 13 deniers gros genevois de douze au sol, la journée était évidemment plus chère en été qu'en hiver.
Le second château se dressait à quelques mètres de la cure actuelle, du côté droit de la route qui monte à Choisy et l'on reconnaît encore certains restes dans des encadrements de portes et de fenêtres de style ancien utilisés dans la maison bâtie sur le même emplacement. C'était la Maison de Henri de La Balme, Confesseur de Sainte-Colette.
Après avoir appartenu au Comte de Sirace, elle devint la propriété de l'un de ses gendres, Monsieur Regis de Mongex.
Après sa mort, toute la propriété passe en héritage à Monsieur le Comte de Tremolet de la Chainerie, natif de l'Ardèche qui avait épousé une des filles de Monsieur de Mongex.
Celui -ci vendit cette propriété à une "bande noire" d' acheteurs de domaines, "sous la condition que le fermier actuel, s'il le désirait, à prix égal, choisisse, et achète les parties qui lui conviendraient".
Ainsi, Monsieur Deprez, acheta tous les bâtiments et les meilleures pièces de la ferme.
Un troisième château était encore représenté vers 1840, par une
tour à 4 étages servant alors de cure .
De sa démolition sont venus les matériaux du presbytère (actuellement occupé par la mairie).
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Source:
L Perillat; http://academie.salesienne.free.fr/articles/view.php?id=53
http://www.labalmeinfo.com/index3.php?page=chateaux

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