Vallières

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Vallières

Message par lebeaujus le Mar 19 Juil - 5:33

Histoire de la commune


De l’époque Romaine jusqu’au 16esiècle

L’implication de l’histoire du Duché ou des différents pays européens dans la vie quotidienne locale.
Le village de Vallières est posé sur un plateau légèrement vallonné, bien exposé et fertile, sillonné par de nombreux cours d’eau et parsemé de sources abondantes et d’excellentes qualités.
Ce n’est pas étonnant si dès les premiers siècles, lors des colonisations Allobroges, Romaines, ou Burgondes, cette contrée a sut séduire les hommes qui s’y sont installés.
Les Romains succèdent aux Allobroges et créent des « villas », ancêtres des hameaux et villages. La voie Romaine qui va de Chambéry à Genève passe par le vieux bourg de Vallières et témoigne de son ancienne activité. Peu d’archives et de textes sont parvenus jusqu’à nous exceptés quelques vestiges dont les plus nombreux ont été mis à jour au cours du 19e siècle. Environ une demi douzaine de « villas » occupe le territoire de Vallières.
En 1869 un cultivateur trouve à la « grande vigne » une ancienne hache à ailerons (1). En 1873, Louis Revon, membre de l’Académie Florimontane (2)dépose dans les collections de l’Académie des antiquités trouvées à Vallières : une gargoulette en terre, un contrepoids, et une petite fiole en verre (3). En 1877 à Jussy « chez Michaud » on trouve une monnaie de Trajan, des clous, une ampoule de verre, des poteries(4)…
Au 3e siècle, le chaos succède à l’ère Romaine. Les Alamans venus du Nord Est font des ravages dans nos contrées, déstabilisant le pouvoir en place et détruisant tout sur leurs passages.
Au 4e siècle Genève s’articule autour d’un évêché qui aura une importance capitale pour la vie des Valériens.
Au 5e siècle les Burgondes s’installent en Savoie de façon plutôt pacifique.
Jusqu’au 11e siècle les Carolingiens succèdent au Mérovingiens. Le Royaume de Charlemagne aura son apogée, divisé en « Pagus » ou Pays, on voit déjà apparaître le nom de « Saboïa » Savoie, et de « Pagus Albanensis » Pays de l’Albanais.
Rodolphe III, arrière petit fils de Rodolphe Ier, Roi de Bourgogne unit son Royaume au Saint Empire Romain de l’Empereur Conrad II, soutenu par un grand Seigneur de la « Saboïa », le Comte Humbert, dit « aux blanches mains »(5) qui, pour beaucoup, serait le créateur de la Maison de Savoie.
Au 11e et 12e siècles les Évêques et Comtes de Genève réorganisent leur diocèse en paroisses, parsemées de monastères et d’établissements religieux, le système féodal se met en place.
Vallières dépend du décanat(6) de Rumilly inclus dans le Genevois jusqu’au XVe siècle. Mais devant la puissance grandissante de la Maison de Savoie, les Comtes de Genève s’affaiblissent peu à peu. Le Faucigny est annexé à la Savoie en 1355 finissant ainsi d’encercler le Genevois. En 1401 règne le dernier Comte de Savoie, Amédée VIII. Il parvient à acheter des derniers Comtes de Genève, le Comté de Genevois, l’une des dernières enclaves dans un Royaume déjà considérable, qui s’étend à la fin de son règne, en Bresse, Bugey, Pays de Gex, Genevois, Faucigny,Chablais, Savoie propre, Tarentaise, Maurienne, Comté de Nice, Principauté du Piémont, Val d’Aoste, Suze, Canton de Vaud et partie du Valais, et au-delà...Ce qui lui confère désormais une place respectée et reconnue sur l’échiquier Européen. Vallières intègre définitivement la Maison de Savoie.
En février 1416, l’empereur Sigismond, séduit par la puissance et les qualités de chef d’État du Comte Amédée VIII, l’honore en lui conférant le titre de Duc. C’est la naissance du Duché de Savoie.
Amédée VIII donne à son fils cadet, Philippe, l’apanage du Genevois, en excluant Rumilly et ses environs. Vallières sera donc sous la coupe directe des Ducs de Savoie qui se succèdent les uns aux autres jusqu’en 1535 période marquant la fin du moyen âge en Savoie.

Les évènements géologiques, climatiques, épidémiques, sociologiques lorsqu'ils nous sont connus.
Il est certain que la vie des Valériens n'a pas toujours été facile malgré une terre fertile et bien exposée. Durant les siècles d'incursions barbares, les années de disette ou de famine sont courantes. Les récoltes sont souvent pillées ou brulées. Les habitations en bois couvertes de chaume sont sujettes aux nombreux incendies. Les hivers sont rudes et interminables, il est fort difficile de se chauffer. La mortalité est énorme, et l'espérance de vie plutot brève. Il faut ajouter les nombreuses guerres, réquisitions pour les armées en denrées et en hommes, les maladies et les épidémies comme la grande peste de 1348 qui tue jusqu'à 50% de la population dans certains villages. Les catastrophes climatiques, tremblements de terre, déluges, tempetes, grèles, neiges, froids intenses étaient aussi au rendez vous bien sur. Mais tous ces évènements sont beaucoup mieux connus à partir du 15e siècle.

Les dirigeants, le climat politique et social.
Comme nous l'avons vu plus haut le pouvoir local était étroitement lié aux puissances dirigeantes de l'Etat. Entre le 4e et 5e siècle le Christianisme s'installe en Savoie. Le pouvoir est réparti entre les seigneurs faisant allégeance à leur souverain, les ecclésiastiques qui dépendaient de l'évèque de Genève, et les fonctionnaires de l'Etat quand ils existaient.
A partir du 12e siècle, le climat est plus stable, le système mieux rodé. Les terres sont bien distribuées en fiefs. Un fief étant généralement une concession de terre et batiments appartenant à un seigneur qui était souvent le vassal d'un autre plus puissant ou bien vassal direct du souverain.
La filiation des Seigneurs qui ont dirigé la paroisse de Vallières est connue et suivie à partir du 14e s.
Les nobles de Langin, seigneur de Veigy en Chablais, venus des rives du lac Léman, vont exercer leur autorité et administrer la justice à Vallières durant près de deux siècles. Ils prêteront allégeance à 3 souverains appartenant à 3 états différents.
En 1397, Noble Richard de Langin est nommé héritier de la Seigneurie de Veigy en Vallières et coseigneurie du Vuaz, lors d'un partage qu'il fit avec Dame Marguerite de Pelliac, héritière universel du dernier Henry de Vado ou Vadoz(Cool. Il rend hommage au Comte de Genevois pour son fief et biens féodaux situés à Vallières . Ce fief comporte un manoir, dénommé désormais maison forte ou château de Veigy(9) en Genevois accompagné du droit de juridiction haute moyenne et basse(10), signe distinctif de sa toute puissance (11).
Son fils, François de Langin, Seigneur de Veigy en Vallières, Coseigneur du Vuaz et d'Hauteville, rend hommage à son tour en 1450, au Duc de Savoie(12).
Puis on trouve Richard II de Langin, Seigneur des mêmes lieux, qui prête hommage au Duc de Savoie en 1498. Il acquiert par héritage les seigneuries de Dingy et d'Aviernoz.
La seigneurie passe ensuite à son fils François de Langin, seigneur de Veigy en Vallières, Coseigneur du Vuaz et d'Hauteville. Il rend hommage en 1543 au Roi de France, souverain du Duché de Savoie de 1536 à 1559.

Les Sept châteaux de Vallières.
La commune de Vallières abritait, au moyen age, un petit groupe de familles nobles qui se partageaient les sept châteaux et maison fortes de la paroisse avec leur domaine et dépendance. Chaque chef de famille se prétendait seigneur de son domaine et souvent par extension et convenances, seigneur de la paroisse dans laquelle il se trouvait, en l’occurrence, seigneur de Vallières. On peut trouver couramment, dans les documents anciens, des nobles de Vallières, de Sionnaz, de Regard, de Sales, de Chabod,… se faire appeler seigneurs de Vallières. Mais ces seigneurs n’ont que peu ou pas de pouvoir localement en dehors de leur propre seigneurie ou domaine. Le seul seigneur à prétendre autorité sur la paroisse et ses hommes justiciables, est celui qui possède le droit de « juridiction omni mode » ou droit de haute, moyenne et basse justice. Ce droit, symbole de la puissance féodale, permettait, au seigneur qui en bénéficiait, d’exercer un pouvoir quasi absolu sur l’administration, les hommes et les biens de son fief. Il pouvait nommer des officiers de justice : châtelain, curial, métral, juge, procureur, bourreau, … et faisait élever à l’entrée du village des fourches patibulaires, gibets, et piloris, qui étaient les instruments nécessaires à l’exercice de la justice.

La démographie.
Depuis la nuit des temps on dénombrait la population en « feux » ou « faisant feux », le mot s’est légèrement transformé aujourd’hui en « foyer ». Le « feux » d’alors correspond aujourd’hui à un « foyer » terme peu précis pour un inventaire des personnes. Un feu ou foyer pouvant contenir aisément de 1 à 6 personnes, mais estimé par les spécialistes à 5 personnes.
Avant 1348, date à laquelle la grande peste décima nos régions, la population de Vallières était estimée à environ 900 personnes(28).
En 1411 Vallières comptes, 70 feux, soit environ 350 habitants.
En 1481, 60 feux soit environ 300 habitants.
En 1517, 80 feux soit environ 400 habitants.
En 1561, le dénombrement de la Gabelle du sel, donne 60 feux, soit environ 300 habitants.
En 1608, suite aux épidémies meurtrières Vallières ne compte plus que 50 feux, soit 250 habitants.

Les traditions et fêtes.
Les fêtes s’articulaient toujours avec les noms « des Saints et Saintes du Paradis » comme on disait à l’époque. Ainsi l’église de Vallières étant dédiée à Saint Martin, le jour de la saint Martin était jour de fête au village. Ce jour là le Seigneur du lieu faisait ordonné, à midi à la sortie de la grande messe, les proclamations annuelles obligatoires, les interdits, et autres informations à destination des villageois qui étaient tenus d’assister à la grand messe. Les ascensements, (ancêtres des locations, et locations-gérances) se payaient généralement en deux fois. La première fois à la fête de « saint André apôtre » et la deuxième fois à la saint Michel. du 17e siècle à la Révolution

L'implication de l'histoire du Duché ou des différents pays européens dans la vie quotidienne locale.
En 1536 Genève se soulève contre le pouvoir de l'Evêque et contre la Maison de Savoie. Les Paroisses, villes et villages changent de mains, les avancées Savoyardes en territoire suisse sont abandonnées, le Roi de France profite du conflit pour envahir le Duché de Savoye, la puissante Maison de Savoie s'effondre et François 1er prend possession du pays durant 23 ans. En 1559 le traité de Cateau-Cambrésis permit au jeune Duc de Savoie, Emmanuel Philibert de récupérer presque tout son royaume. Cette situation semble être scellée durablement par son mariage avec Marguerite de France, fille de François 1er.
Le jeune Duc surnommé « Tête de Fer » vaillant, intelligent, visionnaire a besoin d'argent pour réorganiser ses Etats. Il crée en 1561 un impôt basé sur la possession et le commerce du sel dénommé « la Gabelle du sel » Les greniers à sel dispersés dans ses Etats sont régis par des fonctionnaires dénommés « regrattier » (commis du dépôt du sel). Cet impôt pour être le plus juste possible, frappe chaque habitant excepté « les pauvres », « les misérables » et les enfants de moins de 5 ans. On procède au recensement de la population, feu par feu (aujourd'hui foyer) y compris les domestiques et le bétail. Grâce à ce recensement de 1561 nous avons une idée très précise du nombre d'habitants et de leur nom, dans chaque village de Savoie.
En 1563 le Duc décide de déplacer la capitale de ses Etats qui est beaucoup trop vulnérable de ce côté des Alpes. Turin devient la Capitale. Le Souverain et sa Cour quitte Chambéry en emportant les archives, le pouvoir central…Tout déménage derrière les montagnes abandonnant le territoire savoyard berceau de la dynastie. Le Conseil Ducal est remplacé par le Sénat de Savoie, instance supérieure du pouvoir judiciaire. C’est à ce moment là que les frontières entre le Duché et la Suisse prennent leurs places quasi définitives.
Genève est devenue indépendante et la Suisse a gardé les territoires qu’elle avait récupérés durant le conflit.
Henri IV envahit à son tour la Savoie de 1600 à 1603 suivi 30 ans plus tard par Louis XIII de 1630 à 1632 et Louis XIV de 1690 à 1696 puis de 1703 à 1713.
En 1713, le Duc de Savoie Victor Amédée II, retrouve la puissance de sa Maison, il pose enfin sur sa tête la couronne de Roi tant convoitée par ses prédécesseurs et devient Roi de Sicile, couronne qu’il troquera cinq ans plus tard contre celle de Roi de Sardaigne.
La Savoie délaissée depuis bien longtemps, est orchestrée par le Sénat de Savoie qui représente le pouvoir judiciaire, et la Chambre des Comptes qui gèrent les impôts, taxes et dépenses. Les fonctionnaires à leurs têtes sont Piémontais, choisis à la Cour de Turin. Ils parlent italiens, sont souvent hautins voire méprisants envers les Savoyards. Le Duché est sous les ordres d’un intendant général installé au château de Chambéry, secondé par 6 intendants installés dans les 6 provinces : Chablais, Faucigny, Genevois, Savoie Propre, Tarentaise, et Maurienne. Vallières dépend du Genevois et son intendant est installé à Annecy. Ce système durera jusqu’à la révolution.
Le Roi Charles-Emmanuel III, a un énorme besoin d’argent pour régenter son pays. Il veut réviser l’impôt foncier (la taille) afin qu’il soit juste pour tous. Il crée un système de recensement des parcelles de terre et de leurs propriétaires, « il invente le Cadastre ».
L’Edit Royal du 9 avril 1728 ordonne l’exécution d’un cadastre général en Duché de Savoie.
Des fonctionnaires, géomètres, dessinateurs, architectes, parcourent les possessions du Roi, ils dessinent les mappes, relèvent les dimensions des parcelles, inventorient les territoires.
Le cadastre de Vallières est achevé en mars 1732, il contient 2815 journaux soit environ 830 hectares.
Un peu plus tard en 1738 le Roi institue la création de la « commune », remplaçant le plein pouvoir du seigneur. L’Edit Royal du 15 septembre 1738 stipule que les communes, seront sous l’administration d’un Syndic (Maire) accompagné par les membres du Conseil. Ils seront élus pour 3 ans par les chefs de famille du village. Le syndic est choisi parmi les conseillers pour une période d’un an. Ce pouvoir local est contrôlé par l’intendant Provincial, fonctionnaire de l’Etat, celui-ci nomme le secrétaire de la commune, souvent un notaire, qui en fait détient, le véritable pouvoir local, véritable trait d’union entre l’Etat et le peuple. Le secrétaire est chargé de faire appliquer les ordres de Turin (du Roi) transmis par l’intendant Provincial.
1740, mort de l’Empereur d’Autriche. Aussitôt on assiste à la curée. A l’intérieur comme à l’extérieur chacun mobilise ses troupes et veut sa part de pouvoir ou de territoire. L’Espagne, la France, la Prusse,… Partout on observe des mouvements de troupes. La Maison de Savoie trop longtemps hésitante ne sait à qui faire allégeance. C’est trop tard l’Espagne envoie des troupes côté français et coté italien. La résistance est courte et laborieuse, bientôt la Savoie est sous le contrôle de Don Philippe d’Espagne, et c’est l’occupation espagnole pour 6 longues années de 1742 à 1748. L’Albanais, et donc Vallières, est aux premières loges. Réquisitions incessantes en impôts, vivres, viandes, fourrages, animaux, ânes, mulets, chevaux, corvées, les militaires espagnols, s’emploient aux viols, pillages, brimades, insolences….Ce calvaire finit tout de même par s’achever en octobre 1748 avec le traité d’Aix la Chapelle. Le Roi de Sardaigne récupère le Duché de Savoie et Nice et il s’ensuivit une longue période beaucoup plus paisible.
En 1760 les frontières entre la France et la Savoie sont matérialisées par le Rhône et le Guiers.
Les guerres, les occupations, les intempéries ont affaiblies les membres de la petite Noblesse rurale. Les Bourgeois, souvent dans le commerce ou les métiers de robe, notaires, avocats, châtelain,… se sont enrichis et rachètent inéluctablement les biens vendus par la noblesse qui doit soutenir son rang, entretenir ses châteaux ou Maison Forte et pourvoir à l’éducation de ses nombreux enfants.
En 1762, sous l’influence de l’évolution des pensées, la féodalité s’étiole, le Roi Charles Emmanuel III affranchit les serfs de la taillabilité personnelle, le « libéralisme » s’impose peu à peu.
En 1771, en décembre, le Roi promulgue un Edit, portant l’affranchissement des Fiefs. La commune a la faculté de racheter les divers, servis, redevances, et droits féodaux aux possesseurs de fiefs ou seigneurie. Le montant étant évalué à vingt fois la rente annuelle. Le conseil de Vallières accepte les conditions de rachat et signe prés d’une douzaine de contrats. Les plus gros étant : celui signé en 1783 avec Charles de Gantelet d’Asnières, Seigneur de Veigy en Vallières pour la somme de 4700 Livres. Et celui signé en 1785 avec Aynard Jérôme Marie de Chabod, baron de Chitry, Marquis de Saint Maurice, gros propriétaire à Vallières pour un montant de 8200 Livres.
Emergence de la Franc-maçonnerie en Duché de Savoie... Les prémisses apparaissent dès 1744. Un peu plus tard en 1749, la première loge est crée à Chambéry, elle se nomme « les Trois Mortiers ». Elle sera rapidement élevée au titre de « Grande Maitresse Loge des Etats Sardes » orchestrée par le célèbre penseur Savoyard : de Maistre. Elle rassemblait les personnes les plus distinguées de l’ancienne capitale. A partir de 1760, la franc-maçonnerie connait un véritable essor en Savoie. En 1765 on crée une loge à Rumilly « la vraie amitié », filiale des « 3 Mortiers » dans laquelle on retrouve tous les Valériens influents de l’époque, riches bourgeois et nobles. En 1790 on compte près de 1000 francs-maçons en Savoie dont 47 à « la vraie amitié » de Rumilly.

Les évènements géologiques, climatiques, épidémiques, sociologiques lorsqu ils nous sont connus.
La fin du 16e, tout le 17e et le 18e siècle sont des périodes climatiques désastreuses en Duché de Savoie. Les froids, neiges, gels, tempêtes, pluies diluviennes, sont continuels laissant peu de place au printemps et à l été. On observe régulièrement des chutes de neige à la fin août ou en septembre. Un climat d ère glacière souffle sur la Savoie. Les lacs sont souvent gelés entrainant inévitablement des disettes, famines, et maladies.
Les Valériens sont menacés par la peste en 1564, 1586, 1597, 1613, 1629, 1639, 1720 et 1725.
Les disettes sont les plus marquées en 1571, 1586, 1619 à 1631 (les années terribles), 1641, 1650, 1690 à 1696 ; 1709 à 1712 ; 1725 ; 1766 ; 1770 ; 1771 ; 1778 ; 1788 ; 1817.
1709 à 1712 est sans doute la période de froid le plus intense du siècle, avancée des glaciers de 1716 à 1780 ;1749 froid comparable à 1709 ; 1765 tous les lacs sont gelés durant plus de 4 mois ; les loups souvent affamés descendent tout près des villages, plusieurs enfants sont dévorés surtout en 1717 et 1749. De 1769 à 1771 il fait si froid que les vendanges sont perdues, neiges abondantes à la mi-juin, « seules les cornes des vaches restent visibles », les vergers sont dévastés. L hiver suivant une foule de mendiants meurt de faim et de froid dans les bois, on signale prés de 4000 vagabonds errants dans le duché de Savoie, on les voit manger de l herbe sur le bord des chemins !!
La mortalité infantile est de l ordre de 50%.
Les années moins mauvaises sont sous l emprise de l inflation et de la cherté des produits de première nécessité toujours forts rares. Les fermages sont rarement payés aux propriétaires qui appartiennent le plus souvent à la noblesse, laquelle s appauvrit chaque année un peu plus.
Pourtant les Valériens, comme le reste des Savoyards, affrontent ces difficultés avec courage et détermination. Cette triste situation provoque l enrichissement de la classe Bourgeoise (notaires, avocats, commerçants...) et annonce le futur chaos de la révolution.Les dirigeants, le climat politique et social.
La famille d’Asnières, puis Gantelet d’Asnières dirige la paroisse de Vallières durant près de 2 siècles à travers 8 générations.
Le second président du Sénat de Savoie, Jean Denys d’Asnières, achète en 1602 à Dame Renée LOUYS, veuve de noble Abraham DENTAND, et à ses enfants pupilles, mais héritiers de leur père, un immense domaine, ayant appartenu aux nobles de Langin, qui s’étendait sur Vallières, le Clergeon, la Chautagne, Ruffieu, Hauteville sur Fier et Moye. Ce domaine comprenait un château à Vallières, dénommé château de Veigy, à cause du titre de Seigneurs de Veigy que portaient les anciens propriétaires, les nobles de Langin, un château à Hauteville, dénommé château des Onges et le château de Collonges à Ruffieu. Jean Denys d’Asnières devient Seigneur de Vallières avec tout droit de justice sur ses hommes, seigneur de Collonges, et coseigneurd’Hauteville et du Vuaz. Il dirige Vallières jusqu’à sa mort survenue en 1608.
Son fils le sénateur François d’Asnières, lui succède pendant plus de 30 ans, de 1608 à 1639. Marié en 1619 à Marguerite de Bavoz, fille du Président du Sénat, dont il n’eut que des filles.
L’ainée, Anne d’Asnières, fut son héritière universelle. Elle apporta en dot, la seigneurie de Vallières et Coseigneurie d’Hauteville, lors de son mariage avec noble Georges de Gantelet d’Hauteville, Conseiller de S.A.R, commissaire général des guerres, trésorier des Provinces de Genevois et Chablais, ...qui devient donc Seigneur de Vallières jusqu’à sa mort survenue en 1660. Il teste en 1659 laissant usufruitière de tous ses biens, son épouse. Sa vie durant. Anne d’Asnières se retrouve donc Dame de Veigy en Vallières, durant plus de 40 ans, de 1660 jusqu’à son décès survenu le 24 juin 1702. Dans son testament, qu’elle fit deux ans auparavant, le 16 aout 1700, elle nomme pour son héritier universel son petit fils Louis de Gantelet, âgé de 23 ans, fils de son ainé Jacques Louis de Gantelet ; et son deuxième fils Antoine de Gantelet, à charge pour chacun d’eux de porter son Nom et ses Armes.
Louis aura en héritage les biens de Vallières et Hauteville et devra s’appeler, « de Gantelet d’Asnières seigneur de Veigy en Vallières». Et Antoine aura le château et seigneurie de Collonges en Chautagne, paroisse de Ruffieu, les biens de Chaudieu et Praz, paroisse de Chindrieux ; les biens de Montclerjon, Moye et Aix, lieu-dit à « la Touvière et à la Fin ».
Louis de Gantelet d’Asnières de Veigy est seigneur de Vallières de 1702 à 1751. Il décède dans son château de Veigy, à Vallières, sans avoir été marié, le 11 septembre 1751 et sera inhumé dans l’église sous le porche de la grande entrée. Il teste le 4 avril 1740 nommant son cousin de la branche puinée, Georges Antoine de Gantelet d’Asnières, son héritier universel.
Georges Antoine de Gantelet d’Asnières de Veigy, épouse en 1727 Jacqueline Portier de Belair, issue d’une puissante famille de Rumilly et des environs, qui lui donnera 19 enfants. Ce seigneur de Vallières, possédait donc un château à Vallières, un château à Hauteville, un château à Ruffieu, une Maison Forte au MontClerjon, et une Maison Forte à Rumilly qui lui venait de sa mère, Marie Magdeleine de Montfort. Pourtant accablé de dettes, il ne cessa durant toute sa vie de vendre presque chaque année un lopin de terre ici ou là, car le bénéfice de son immense domaine restait insuffisant, compte tenu du climat désastreux de cette période, et des frais énormes engendrés par l’entretient de tous ses bâtiments, granges, chaix, écuries, etc.…conjugués aux dépenses, pour maintenir son statut Nobiliaire, en frais de personnel nécessaires à la gestions de ses biens, en frais pour l’entretien de sa famille, pour l’éducation de ses nombreux enfants, et plus tard pour doter suffisamment ses filles.
Sa situation fiscale avant la révolution est alarmante, le juge Mage de Savoie indique dans un rapport que l’état de ses actifs est quasiment équivalent à celui de ses dettes. Mais les créanciers à cette époque sont plus compréhensifs et patients que de nos jours. Les dettes peuvent parfois s’étaler sur plusieurs générations et attendre un demi siècle avant d’être honorées bien entendu avec intérêt à 5%, ce taux, d’ailleurs, s’est pratiqué pendant presque 300 ans jusqu’à la révolution.
Georges Antoine de Gantelet d’Asnières de Veigy, meurt à 69 ans le 25 mai 1770 et nomme pour son héritier universel dans son testament du 17 aout 1757, son fils ainé, Charles d’Asnières, 1er syndic de Rumilly, Capitaine des Chevaliers Tireurs de la ville, Major dans les armées de Sa Majesté et grand Maître de la Loge « la Vraie amitié ».
Charles d’Asnières de Veigy, sera à la tête de Vallières de 1770 à 1775. Il épouse en 1761 Marie Françoise Rouph de l’Eluiset, qui lui donnera 12 enfants. Comme son père avant lui il doit recourir à de nombreuses dépenses pour tenir son rang, doter ses sœurs, entretenir ses bâtiments et châteaux, et subvenir aux besoins de sa famille nombreuse. Aussi accablé de dettes il vend la seigneurie de Veigy à Vallières, dénommée Baronnie de Vallières, à son frère puiné, Claude Louis Valentin de Gantelet d’Asnières, beaucoup plus riche que lui, qui avait obtenue une importante charge en France, très rémunératrice. Il était écuyer de Main du Comte d’Artois, frère du Roi, futur Roi Charles X.
Claude Louis Valentin de Gantelet d’Asnières, Baron de Veigy, est désormais Seigneur de Veigy et Vallières de 1775 à 1790. Peu après la Révolution Française frappe la Savoie violemment et cruellement. Cette révolution, les Savoyards assurément, n’en voulaient pas et n’en avaient pas besoin. Le régime féodal était déjà aboli depuis longtemps et la somme de tous les impôts ne dépassait pas 30% des revenus du contribuable.
Mais revenons à Anne d’Asnières, Dame de Veigy, qui veuve, dû défendre seule son fief, face à des prétendants mâles parmi les plus puissants seigneurs du Duché et même du Royaume. C’est un peu comme si aujourd’hui, un ministre en fonction habitait Vallières, et que le Maire ait toutes les peines du monde à administrer sa commune et ses concitoyens sans que celui-ci se mêle de toutes les décisions et débats politiques de la commune.
Nous sommes en 1684, à 64 ans, Anne d’Asnières est déjà très âgée pour l’époque. Elle dirige Vallières de mains expertes depuis presque 25 ans. Mais voilà que le tout puissant Seigneur, Maurice de Chabod, Marquis de Saint Maurice, Comte de Saint Joyre, Gentilhomme ordinaire de la Chambre de Son Altesse Royal à Turin, Maréchal de Camp dans ses armées et Grand Maître de l’Artillerie dans tout le Duché de Savoie vient s’installer dans la paroisse en achetant le domaine et château de Chitry dont il devient le « petit Seigneur ». Le Domaine de Chitry est réduit et enclavé dans le vaste Domaine dit « de Veigy », qui est en fait la Seigneurie de Vallières, comprenant le droit de haute moyenne et basse justice, soit l’autorité absolue sur la dite Seigneurie et les hommes justiciables en dépendant.
Ce puissant Seigneur ne peut accepter une telle situation et ne compte pas se laisser commander par une vieille femme. Il forme le dessein de lui subtiliser son autorité et tous ses droits de justice, en usant de son autorité militaire, de sa puissance à la Cour, de corruption, de menaces, de violences, de mensonges, et d’association de malfaisants.
La Dame de Veigy est Dame de Vallières, et CoDame d’Hauteville. Le deuxième Coseigneur d’Hauteville, Messire François Montfaucon de Rogles, fait alliance avec le comte de Saint Jeoyre, avec communauté d’intérêts et désire lui aussi la chute de la Dame de Veigy.
En clair, le Seigneur de Rogles à pour dessein de devenir le seul seigneur d’Hauteville, et le Comte de Saint Joyre celui de devenir le seul Seigneur de Vallières. Le mobile est évident mais comment vont-ils s’y prendre ?
Le Seigneur de Saint Joyre, quand il n’est pas à la guerre, est un insatiable chasseur. Il se déplace accompagné de 30 cavaliers armés de fusils, de sabres et de pistolets, suivis par une meute de 30 chiens, il saccage tous sur son passage, les vignes, les blés près à être moissonnés, les vergers, et les jardins en proférant que quiconque se mettrait en travers de son chemin ou essaierait de se plaindre au Sénat, serait rossé ou engeôlé.
La Dame de Veigy, avait un homme de confiance et bras droit, notaire de formation, qui administrait et régissait pour elle les affaires de la seigneurie. Il agissait selon ses ordres auprès de qui il était nécessaire. Il s’appelait Péravel. Ce dernier armé de son fusil, vint à la rencontre du Comte de Saint Jeoyre et de sa bande et essaya de les dissuader de massacrer toutes les récoltes et de chasser sur des terres qui n’étaient pas les leurs. Il fut immédiatement attrapé et rossé violemment. De plus le comte de Saint Joyre le fit enfermer dans les geôles dépendantes de l’armée, qui étaient sous son contrôle, prétextant qu’une personne non noble n’était pas autorisée à porter le sabre ou le fusil et disant qu’il les avait menacés et insultés. Alors que le brave Peravel, portait le fusil au nom et pour le compte de sa maitresse, qui lui en intimait l’ordre, et qui à l’évidence était bien trop âgée pour décemment se promener avec un fusil.
Péravel resta plusieurs mois au cachot, malgré les lettres et requêtes envoyées au Sénat par sa maîtresse pour essayer de l’en faire sortir. La justice était déjà fort lente à l’époque. La pauvre Dame de Vallières, privée de son homme de confiance, avait le plus grand mal à administrer le village, à surveiller la collecte des taxes et des impôts, le va et vient d’étrangers de passage plus ou moins malveillants, les travaux dans les champs, les récoltes, l’entretien des routes, fossés, ponts, etc.…Ce qui était finalement le but recherché par la bande des malfaisants.
A force de se démener auprès du Sénat, la Dame obtint un acquittement pour son homme d’affaires, et une requête du Sénat à l’encontre du Seigneur Comte de Saint Joyre afin qu’il fasse des excuses à la Dame de Vallières et stoppe ses agissements. Ce qu’il ne fit pas évidemment, prétextant un départ imminent pour des missions militaires urgentes.
En 1685 la bande Saint Joyre essaya une nouvelle stratégie. Le Comte vint s’excuser, et invita le fils de la Dame de Veigy, pour une partie de chasse sur les terres de Chitry non loin du château. La chasse se passa bien, et le comte de Saint Joyre offrit la meilleure femelle de sa meute au Seigneur de Gantelet d’Asnières en signe d’amitié. Celui-ci soulagé par la tournure que prenaient les évènements s’en alla tout heureux, annoncer la chose à Madame sa mère. En s’acheminant vers le château, des hommes appartenant au Comte de Saint Joyre lui tombèrent dessus, en s’exclamant : « il a volé la meilleure chienne du Comte ». A ce moment là plusieurs témoins, tous à la solde du comte témoignèrent du forfait du fils de la Dame de Vallières, et l’évènement fut rapporté au Sénat. Mais la Dame qui était méfiante avait fait surveiller la bande de jour comme de nuit, elle avait, elle aussi, plusieurs témoins, dont certains membres du Sénat, qu’elle avait invité chez elle ce jour là et qui furent témoins contre le Seigneur de Chitry, ce qui eut pour effet de débouter la procédure. Ce fut un coup d’épée dans l’eau pour le Comte malfaisant qui récupéra tout de même son chien.
En 1688 le comte de St Joyre, excédé par la résistance de sa victime échafaude un nouveau stratagème pour mieux lui nuire.
Nous avons vu plus haut que le seigneur, détenant les droits de justice, devait chaque année à la saint Martin, jour de fête à Vallières, énoncer, à la sortie de la grande messe, les édits et commandements du seigneur et du Roi comprenant les défenses et les devoirs de chacun ce qui symbolisait son pouvoir local ...
Nous sommes le 11 novembre 1688, jour de la Saint Martin, c’est la fête à Vallières. La Dame de Veigy comme chaque année va faire prononcer ce jour là, à la sortie de la grand-messe, lorsque tout le village est assemblé, les proclamations d’usages. Pour se faire elle nomme, comme l’année dernière, son Chastelain Maître Jacques Similliat, accompagné de son Curial, Maître Bournens, tous deux praticiens du droit et Bourgeois de la ville d’Annecy. Le petit comité sort du château de Veigy, et s’achemine à pied en direction de l’église toute proche. Lorsqu’ils arrivent à auteur du four commun, situé à 20 pas du cimetière et de l’église, ils sont stoppés par l’intervention de 9 paysans habillés en militaires aux couleurs de S.A.R, armés de fusils et de sabres. Ils avaient à leur tête deux hommes de mains du Comte de Saint Joyre, Ignace Durhosnes et le sieur Lavallée. Ils interpellèrent les deux hommes de loi qui accompagnaient la Dame de Vallières, en leur demandant, qui ils étaient et ce qu’ils venaient faire au village. Lorsqu’ils apprirent qu’ils venaient, comme chaque année, faire les proclamations d’usages, à la requête de la Dame de Vallières, les militaires se jetèrent sur eux en leur arrachant leurs papiers, leurs cravates et en les rouant de coups. Ils trainèrent les pauvres malheureux, comme des esclaves, en direction du château de Chitry auprès du Comte de Saint Joyre. Chemin faisant, les deux hommes furent harcelés d’insultes, de coups de canons de fusils dans le dos, et menacés d’être tués à tout moment. Lorsqu’ils arrivèrent à Burnex (aujourd’hui Burnel), sous Chitry, 3 cavaliers les attendaient. L’épée qu’ils portaient au côté indiquait la noblesse de leur rang. C’étaient les 3 fils de la Dame d’Asnières, veuve de Gantelet. Il y avait là, son fils aîné, Jacques Louis de Gantelet de Beaulieu, le second, Antoine de Gantelet d’Asnières, et le troisième Louis de Gantelet de Vectier. Ils stoppèrent le groupe de brigands et demandèrent en vertu de quoi, et sur ordres de qui, ils menaient leurs prisonniers. Les militaires répondirent qu’ils agissaient sur ordre du Comte de Saint Joyre. Les frères Gantelet rétorquèrent qu’ils n’avaient point le droit d’agir de la sorte, sans aucun motif suffisant, et sommèrent la troupe de relâcher sans délai leurs prisonniers sans quoi il pourrait leur en cuire. Les hommes du Comte de Saint Joyre craignant un affrontement, et peu rassurés, libérèrent leurs prisonniers qui furent aussitôt raccompagnés par les trois fils de la Dame de Vallières jusqu’à l’église où la population était encore rassemblée. Ils purent alors, accomplir leur mission et annoncer les édits et inhibitions portés par le règlement de S.A.R. Le village étonné de cette aventure et qui reconnaissait certains des hommes de mains du Comte de Saint Joyre livra les noms des brigands qui furent rapportés devant le Sénat par l’intermédiaire d’une plainte déposée par la Dame de Vallières.
Monsieur de Chabod, Comte de Saint Joyre fut passible d’une « gentille remontrance » vu son grade et ses fonctions auprès de S.A.R mais ne s’avoua pas vaincu pour autant.
En 1697 en effet, il remet ça ! Nous sommes le 11 novembre, jour de la Saint Martin, et comme le veut la tradition depuis toujours, c’est la fête à Vallières ! La Dame d’Asnières a invité pour l’occasion, le sieur Rambert, avocat au Sénat, Bourgeois de Chambéry, Maitre Lognoz, notaire Ducal, lui aussi Bourgeois de Chambéry et son 3e fils Louis de Gantelet de Vectier seigneur de Vons, Marigny le Vieux, Bellerive, le Chesne, Beaufort, le Biolley etc…accompagné de son épouse née Anne de Coysia. En fin de matinée, la Veuve Gantelet et ses invités sortent du château de Veigy et se dirigent à pieds, en promenant, vers l’église de Vallières toute proche, afin d’assister à la grand-messe, à l’issue de laquelle la Dame d’Asnières fera lire, comme chaque année, par son châtelain, le Sieur Fortis, les recommandations annuelles d’usage. Et suivant le scénario, désormais habituel, lorsqu’ils arrivent à hauteur du four commun, prés de l’église, deux cavaliers vêtus d’uniformes bleu et blanc, affichant une longue barbe brune, et armés de sabre et de fusils, les attendaient. Ils s’adressèrent à l’avocat et au notaire en leur disant : « Mon Dieu, Messieurs, prenez garde à ce que vous ferez ici, et ne faites rien pour cette Dame qui est avec vous, si vous ne voulez qu’on ne vous tire dessus, et être sabrés ». L’avocat répondit « je ne vois pas de quoi vous voulez parler, vous vous méprenez ». La scène attira l’attention, et le comte de Pallavicini, et le baron du Mollard s’avancèrent pour se mêler aux débats. Soudain la cloche retentit c’était le moment d’aller ouïr la messe ! Les querelles furent suspendues jusqu’à l’issue de celle-ci. Lorsque tout le monde fut sorti de l’église la Dame de Vallières demanda au Sieur Fortis, de commencer son devoir. Il fit tambouriner, et ouiller à la population, lorsque les deux hommes, qui s’étaient interposés au départ, se ruèrent sur le sieur en le rossant et lui arrachant ses documents. La Dame de Vallières prit alors, la parole : « je suis lasse des violences que l’on me fait, le sénat m’a confirmée dans mes droits par trois fois, et réprimandé les agissements du comte de Saint Joyre. Mais celui-ci persiste à vouloir, se prendre pour le seigneur de séant. Mes enfants je vous fais les mêmes recommandations que je vous fais chaque année, sans vous les énoncer une à une, et vous prends tous à témoins des agissements du Comte de Saint Joyre et de sa bande de malhonnêtes gens. Sur ce, le Comte Pallavicini, à la solde du Comte de Saint Joyre fit lire d’autres proclamations illicites, mais les Valériens s’éloignèrent sans écouter et rejoignirent leurs maisons.
Les harcèlements de cet homme envers la Dame d’Asnières durèrent jusqu’à ce qu’elle décède en 1702, soit près de 15 ans. On trouve de très nombreux procès qui finissent toujours par une sommation d’arrêter ses malveillances à l’égard de la dite Dame, mais il n’en eut que faire.


La démographie, les traditions et fêtes
En 1608 la population de Vallières était d'environ 250 habitants ou 50 feux (foyers actuels). La peste de 1630 ravagea les populations si bien que plus de cent ans plus tard, en 1732 la population n'a même pas doublée et affiche seulement 420 habitants soit prés de 85 feux. Il faut attendre 1756 pour atteindre les 500 habitants. Ce dernier chiffre stagnera longtemps du fait de la mortalité infantile énorme et de l'espérance de vie relativement courte. En 1776 on compte moins de 490 habitants et en 1783 presque 550.
Le vin de Vallières est réputé dans tout l'Albanais, jusqu'à Annecy et Rumilly. Les vignes sont particulièrement bien exposées et produisent en qualité et en abondance.
Les vendanges et la fête du vin étaient particulièrement attendues. On festoyait durant plusieurs jours.
Vallières possédait un bon tissu économique, artisanal et commercial.
On trouvait des Maîtres artisans maréchaux-ferrants, meuniers, charpentiers tisserands etc…qui avaient la capacité de former les jeunes apprentis.
Mais aussi des aubergistes, notaires, chirurgiens, herboristes, sage femme...
Suite dans la prochaine partie « de la révolution à 1860 ou d'une occupation française à l'autre »

Le Pont Coppet




Il franchit le Fier à la limite des communes de Sâles et de Vallières.
Ce pont en pierres fut construit en 1626 pour améliorer la route Chambéry-Genève. Il a assuré le passage de cette grande voie de communication jusqu'à la construction du pont Mottet en 1864. Régulièrement entretenu jusqu'à la première guerre mondiale, il tombe peu à peu dans l'oubli jusqu'à sa fermeture à la circulation des véhicules en 1973.
Un blason des Etats de Savoie est sculpté sur l'un des parapets et porte la date de mise en service. Le nom provient des moulins du voisinage bâtis près du Fier.
Le pont Coppet se compose d'une voûte pratiquement en plein cintre (surbaissement : 0,41), en pierre calcaires à joints minces, de 24,60m d'ouverture, 4,85m de largeur, et 0.85m d'épaisseur correspondant au bandeau. Elle est équipée de cinq tirants d'enserrement métalliques fixés à mi-hauteur du bandeau. Il supporte une chaussée de 4,05 m protégée par des parapets et des bornes chasses roues en pierres. Le drainage de la chaussée était assuré par cinq gargouilles en pierre taillée. La hauteur entre le dessus du parapet et le plan d'eau moyen du Fier est d'environ 14 m. les fondations de cet ouvrage, très vraisemblablement construites à sec, sont aujourd'hui situées en milieu aquatique du fait de l'aménagement hydro-électrique du Fier et notamment la construction du barrage de Vallières. En rive gauche, la culée repose sur un massif maçonné partiellement engravé comportant deux redans de 0,30 m de large. la culée rive droite est en grande partie encastrée dans la molasse. On peut supposer que la base de cette culée avait à l'origine la mêm géométrie (redans) qu'en rive gauche. La partie avant de la semelle reposait vraisemblablement à l'origine sur un parement maçonné solidarisé avec la molasse et devait se prolonger en partie inférieure comme l'atteste un vestige visible à l'amont. A noter, la solidarisation entre elles ou avec la molasse des pierres des massifs des culées par des agrafes en fer.
Ce pont a récemment été rénové (2001) dans le respect du style original. Des blocs de béton installés aux deux extrémités condamnent l'accès (automobile) à l'ouvrage. Mais compte tenu de sa disposition géographique et cher au cœur des riverains des deux communes, il reste encore de nos jours fréquemment emprunté par les piétons et les deux roues.
Ce site est très appréciable pour ceux qui recherchent le calme et la tranquillité. C'est aussi le rendez-vous des pêcheurs de la commune qui y pratiquent leur passion.
Le pont n'est accessible qu'à pied par un petit chemin en pierres. Il est possible de s'y rendre soit depuis l'entrée de la commune de Vallières (au sud), soit depuis la commune de Sâles mais la localisation du site y est plus difficile.
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Source:
l'excellant site de la commune: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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