PONT DE BEAUVOISIN

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PONT DE BEAUVOISIN

Message par lebeaujus le Lun 24 Oct - 6:19

Histoire de PONT DE BEAUVOISIN.


L'origine du Pont de Beauvoisin remonte aux temps les plus reculés ; une tradition locale dit que des pêcheurs remontant le Guiers à son embouchure vinrent s'établir dans le beau vallon où est située aujourd'hui la petite cité. Labisco ou Lavisco, nom d'origine celtique, a été sa première dénomination ; le latin de Pont de Beauvoisin est PONS BELLOVICINUS ou PONS BELLIVICINUS (voisin de guerre) ; ce latin du Moyen Age, qui remonte au IXe siècle ou au Xe siècle, fait assurément supposer que Pont portait un autre nom auparavant et si, en recherchant l'étymologie du nom de PONT, nous ne redoutions de tomber dans l'absurde ce qui arrive presque toujours en cette vague science nous dirions que PONS BELLOVICINUS signifiait Pont voisin de la guerre et non pas Pont de Beauvoisin. Donc, plusieurs appellations : "Pont de Beauvoisin " peut venir de : Pont de la Belle Route ou Pont de Beauvoisin ou Pont Château (il y avait Château et Maison forte de chaque côté du Guiers). Le bourg-neuf ou borgnat fut construit vers le Xe siècle : Donner à Belli-vicini le sens de Pont de la guerre voisine, c'est contraire à l'histoire ! Le Guiers qui traverse Pont tire son nom du mot celte Garu : eau rapide. Labisco ou Lavisco, nom d'origine celtique, a été sa première dénomination. Le latin du Moyen-Age fait assurément supposer que Pont a porté d'autres noms auparavant :
LE PONT.................................... IXe siècle.
PONT DE BEAUVOISIN .......... XIIe siècle.
PONT DE BELVEZIN ................ XIIe siècle.
BELVOYSIN............................... XIIIe siècle.
BIAUVOYSIN.............................. XIIIe siècle.
On relève, de ci de là, d'autres noms encore: ECCLESIA DE PONTE (1142). CASTELLANUS PONTI BELIVIANI (1454) PONS BELLEVICINI (1475) PONT BELLIVICINI, PONTE BELLIVICINO, PONTEM BELLIVICINEM, PONT DE LA BELLE ROUTE, PONT DU RUISSEAU DE LA COLLINE, BONVOISIN, PONT DE BEAUVEZIN (1601). Et enfin LE PONT DE Beauvoisin (1752) ...

En 1000 et 1142, il est question de L'église du Pont, sans allusion au voisinage.

En 1032, à la mort de Louis le Bègue, le Pont de Beauvoisin fait partie du royaume de Bourgogne; en 1032, il fut légué avec ce territoire à Conrad le Salien, Empereur d'Allemagne. Et nous voilà sous la suzeraineté allemande pendant plus de trois siècles ; les empereurs germaniques viennent quelques fois dans notre région pour recevoir l'hommage de leurs vassaux, les Ducs de Savoie. (Chapelle)

En 1060, le cartulaire de Saint-André le bas (archives du petit séminaire de Pont de Beauvoisin) et les chartes retracent les origines de la ville du Pont, héritière de Labisco, station romaine ; elle est mentionnée encore au VIe siècle par l'anonyme de Ravennes. Wilhelme du Pont, désireux de réparer ce qu'il y avait eu d'irrégulier dans la décision de ses ancêtres se déclare, (à l'exemple des Comtes de Belley, de Savoie, des Barons de la Tour du Pin, des Seigneurs de Clermont, de Virieu, de Gerbais et de Novalaise) indépendant sur la terre soumise à sa juridiction par le Roi de Burgondie. Il construisit, près de son château, la chapelle de Saint-Laurent. Vers l'année 1060, cette chapelle, consacrée par l'Evêque de Belley, richement dotée, fut donnée aux Bénédictins de Vienne, à la charge de travailler au défrichement des forêts du Pont, en face du château et de la Chapelle de Saint-Laurent située sur la rive droite du Guiers. Les religieux de Saint-Benoît construisirent un monastère sur la rive gauche, qu'ils dédièrent à Sainte-Marie.La chapelle du château et celle du prieuré devinrent bientôt le centre d'un groupement important de maisons et de cabanes ; les quartiers de la rive droite prirent les noms de Belymin et d'Aiguenoire, les quartiers de la rive gauche s'appelèrent Borgnat (bourg neuf) et sables (stable, stabula). Telle est l'origine de la ville de Pont de Beauvoisin. Nous connaissons, par les archives de Turin, comment le Comte Ame de Savoie se fit céder cette seigneurie qui brisait ses états et l'obligeait à suivre de Chambéry la route des Echelles, de Voiron, de Paladru et des Abrets, pour atteindre sa terre de Belley. (Chapelle)

En 1060, le Seigneur du Pont-de- Beauvoisin se nomme Wilhelme du Pont ; les deux rives du Guiers lui appartiennent ; Il habite un château-fort situé sur la colline qui domine la Bouverie (rive droite du Guiers) : ce château fut rasé en 1601, sur l'ordre de Lesdiguières. (Charat)

En 1060, Guillaume, seigneur du Pont et son épouse Ancillie, concèdent au monastère de Saint-André-le-Bas, de Vienne, l'église avec un terrain.

En 1060, il est parlé de l'église bâtie près du château du Pont. En I070, le seigneur Guillaume du Pont permet à des Bénédictins de Vienne d'installer, sur la rive gauche, un prieuré dédié à la vierge, et les moines créèrent une paroisse qui passa vite sous la juridiction de l'évêque de Belley.

En 1115, dans la charte, pour la première fois, le nom de Pont de Beauvoisin apparaît. Le chroniqueur Aymar en donne l'explication : cette ville des Allobroges est divisée en deux parties, dont l'une est en Dauphiné et l'autre en Savoie ; ces deux parties sont séparées par le Guiers, sur lequel est construit un Pont qui fait communiquer l'un avec l'autre ; comme les habitants de ces deux côtés sont voisins, et que l'usage du Pont leur est commun, la ville a été appelée Pont de Beauvoisin, c'est à dire Bonvoisin, car beau est un diminutif de bon.

En 1142, Ecclesia de Ponte, appellation ancienne et mention de l'église du Pont tout court, sans Beauvoisin.

En 1146-1160, après la vente du Pont de Beauvoisin au Comte de Savoie, les titres d'affiliation et d'union des Nobles de Rivoire avec les Nobles de Rochefort, d'Avressieux et de Gerbais. (Chapelle)

En 1232, dans la seigneurie, dans divers actes on trouve un Berlion.

En 1250, le Pont n'était soumis ni au Dauphiné ni à la Savoie. Ses seigneurs ne relevaient que d'eux- mêmes et de l'empire.

En 1285, Berlion de Rivoire, co-seigneur du Pont est envoyé par le comte de Savoie "Amédée V" en Piémont comme son représentant et son châtelain, à Pignerol. pour s'attacher les Pontois (et en faire ses sujets) Amédée V leur accorda

En 1288 les premières libertés communales qui plus tard seront confirmées et modifiées.

En 1288, le 2 juin, Berlion de Rivoire vend ses droits au Pont, au Comte Amédée (château, ville, mandement).

En 1288, le 9 novembre, à la suite d'échanges divers et de ventes, le fief du Pont, devient, sur la rive du Guiers, l'entière possession du Comte de Savoie, Amédée V. Maître absolu d'un bourg placé sur la frontières du Dauphiné, ce Prince pourra désormais surveiller les agissements du Dauphin, son rival, le tenir en échec et, en cas de rupture, envahir promptement les terres de son ennemi en habile politique ; le Comte Amédée travailla à s'attacher profondément ses nouveaux sujets en leur octroyant, le 9 novembre 1288, de nouvelles franchises, et leur conservant leurs anciens privilèges appelés bonnes coutumes . Le Comte s'était cependant réservé certains droits concernant la construction des "moulins et fours" et les halles pour le marché. Etaient également réservés les poids et mesures, la propriété de l'abattoir, l'état de la boucherie : la vente de la viande devait être saine et de bonne qualité; le boucher délinquant était puni d'une forte amende et, en cas de récidive, de la prison ; Les deux rives, formant le Pont de Beauvoisin. restèrent un siècle à peine sous la domination des Comtes de Savoie en 1288-1376, la communauté était alors administrée par des syndics, avec un conseil de prud'hommes, sous la direction d'un châtelain, représentant immédiat de la puissance comtale. (bppb)

En 1288, un autre Berion du Pont échange ses biens et droits au Pont de Beauvoisin, contre les fiefs de Belmont et de Tramonnay que lui cède le Comte Amédée V ; Berlion de Rivoire, fils de Siboud de Rivoire cède à Amédée V ses droits et biens au Pont de Beauvoisin, à l'exception de la paroisse de Domessin dont il se réserve le fief direct. Les frères et Guinet de Rivoire, fils de Guillaume de Rivoire vendent au Comte de Savoie Amédée V, leur château et juridiction au Pont de Beauvoisin.

En 1288, Amédée V publie une charte composée de 69 articles résumant toutes les coutumes locales. (Voir livre de M. Charat)

En 1291, Aymard de Clermont, co-seigneur du Pont, qu'il tenait de Guignes du Pont accepte de céder ce fief au comte et de lui rendre hommage, moyennant rente, dédommagement et assistance militaire en cas de guerre avec le Dauphin.

En 1299, durant un siècle et demi, les Juifs établis au Pont de Beauvoisin ont tenu un rôle important, au point de vue financier et commercial (une colonie juive au Pont, aux XIIIe et XIVe siècles). Nous nous bornerons ici à reproduire les parties essentielles de cette monographie dont les éléments ont été pris aux archives de Turin, dans les comptes des Châtelains, source précieuse et abondante d'informations.

En 1299, quelques familles juives étaient fixées au Pont, mais cet établissement remontait, sans doute, à l'époque de la vente de la seigneurie du dit lieu au Comte de Savoie (1288). Cette petite colonie, sans être aussi nombreuse et aussi florissante que celle de Saint-Symphorien-d'Ozon, de Crémieu et de Saint-Genix, comptait, toutefois, quelques familles puissantes : ainsi, en 1299, Salamine et Dan, bourgeois du lieu, payaient, le premier, 3 florins et le second 2 florins d'or pour leur censiva.

En 1300, le Châtelain, au nom du Comte, recevait 6 livres d'impôt annuel du Juif Aquinet, gendre de Murat. Cette taxe prélevée sur les Juifs, d'abord réelle et appelée censiva casanarum, fut remplacée plus tard par l'impôt personnel ou censiva judeorum.

En 1300, Thomas du Châtelard est châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1300, Le Pont devient " une ville", se développe rapidement: : un hôpital, quatre notaires, trois médecins, des cordonniers, des drapiers, des tisserands, trois foires annuelles.

En 1301, 50 mulets chargés passent en moyenne par jour au Pont, soit 4 tonnes de marchandises. Pont est alors le péage le plus important des Etats de Savoie.

En 1301, on enregistrait au péage du Pont 2044 ballots et 1826 charges de bêtes de somme.

En 1302, la taxe payée par les Juifs au Pont s'élevait encore à 100 sols viennois, chiffre relativement élevé en regard du nombre des tribulataires. Primitivement, le Châtelain percevait cette taxe ; mais des officiers du Comte de Savoie à Chambéry, de même que leurs coreligionnaires de la Savoie, les Juifs pontois s'adonnaient au négoce et aux opérations de banque.

En 1303, le châtelain recevait X sols d'un pauvre Juif, nommé SONET, pour avoir la permission d'habiter dans la ville.

En 1306, Guillaume de Briord, est Châtelain du Pont de Beauvoisin. en 1308-1354, Les Juifs, les médecins, chirurgiens, et apothicaires ne manquaient pas à la colonie (Maître Aquinet, chirurgien, M. Guillet médecin). Samuel, l'un des plus marquants de Savoie, était propriétaire des martinets de la Bridoire, en 1344, et payait, de ce fait, au Comte de la Savoie, 15 quintaux de fer, chaque année. Les martinets étaient construits sur le Tiers, à la Bridoire.

En 1308, le péage du Pont de Beauvoisin, le plus important alors de la Savoie, fut même affermé à deux Juifs : le premier, Jérôme, en fut le receveur de 1308 à 1322 et le second Aaron de 1333 à1340.

En 1310, trois filles du Comte Amédée V sont de passage au Pont et le Châtelain les escorte jusqu'à Voiron; la même année leur mère séjourne quelques jours au Pont.

En 1310, Guillaume de Verdun est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1315, André de Dise, Maréchal de Savoie et Pierre Fransini passent au Pont, y séjournent quelques jours et se rendent à la Balme.

En 1315, Hugues Amblard, Hugues de Chignin, sont Châtelains du Pont de Beauvoisin.

En 1317, Antoine de la Sale est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1318, le 1er février, Berlion de Rivoire, Chevalier, reçoit pour lui et les siens investiture des biens, droits de revenus féodaux qu'il possédait "rière" Rochefort, Sainte-Marie d'Alvey et Gervais. Avant cette époque, Louis de Savoie, Seigneur de Vaud, sur les instances du Comte Aime, lui avait fait cette donation. (Chapelle)

En 1318, André de Dise, Maréchal de Savoie et Pierre FranciscI repassent au Pont, y séjournent quelques jours et se rendent à la Balme.

En 1318-1320, Pierre de Verdun est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1322, Rolet de la Rochette est Châtelain de Pont de Beauvoisin.

En 1325, le Chevalier Aymard Guers est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1326-1327, éclatent les guerres entre les Dauphinois et les Savoyards ; souvent des batailles eurent lieu sur les rives du Guiers, où les habitants du Pont et des campagnes environnantes eurent beaucoup à souffrir des horreurs de la guerre ; il étaient obligés de fournir leur contingent d'hommes d'armes à leur seigneur et étaient, en plus, dépouillés de leurs biens par les soldats ; le pays resta longtemps dans un état d'extrême pauvreté. Les Dauphinois s'étant portés sur les bords du Guiers, le Châtelain du Pont envoie 300 soldats pour garder les gens du Pont, de Vaulserre jusqu'au hameau d'Incinet.

En 1329, Guichard du Bourg est Châtelain du Pont de Beauvoisin

En 1330, le 16 juillet, une autre semblable investiture eut lieu en faveur de Jacques Gerbais pour tout ce qu'il possédait "rière " les lieux désignés. (Voir le 11 février 1318). Jacques Gerbais décéda sans postérité et laissa sa veuve, Jeanne de Miribel- Faramans. Sa soeur, Aigline de Gerbais, épousa Louis de Rivoire, chevalier, seigneur de Romagnieu, Domessin, la Bâtie-Montgascon, Villeneuve de Ciers (les Avenières), Bruzolo en Piémont. Louis de Rivoire était le fils de Berlion, qui vendit le Pont de Beauvoisin au Comte Ame. Une deuxième soeur de Jacque de Gerbais, Béatrix de Gerbais, épousa le Chevalier Pierre de Bovet, à qui elle apporta la terre de Rochefort. (Chapelle)

En 1331, petit à petit, la ville s'épanouit au point de compter 254 feux. Ses deux, puis trois foires annuelles, ses marchés animés font d'elle une plaque tournante du négoce régional, où se vendent des céréales, du vin, des draps et des toiles de chanvre, tissés sur place, des objets en cuir, des armes. Une bourgeoisie aisée apparaît avec de gros marchands. (le Guay)

En 1332, Les Comtes de Genève, Beaujeu et Jean de Savoie, se rendent à Pont pour le Prince d'Achie.

En 1333, Passage de troupes allant défendre Faverges et Dolomieu, et

En 1337 le Châtelain et plusieurs Chevaliers du Pont se rendent à Châlons.

En 1334, Aaron et autres Juifs s'associaient pour prêter une somme importante à Humbert de Rivoire, Seigneur de Pressin.

En 1336, Reconnaissance de Louis de Rivoire en faveur du Comte Aymon de Savoie pour sa "mestralie "et les rentes qu'il a acquises au Pont.

En 1340, Hommage de Berlion, fils d'Arthaud du Pont, au Comte Aymon, pour ses biens féodaux.

En 1346, bataille entre les gens armés de Vaulserre et les habitants du Pont.

En 1348, La communauté juive sera massacrée, jugée responsable de la peste.

En 1348, Guillaume Liotard est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1349, lors de la cession du Dauphiné à la France, le Pont de Beauvoisin fut un sujet de discorde entre les nouveaux Dauphins et les Comtes de Savoie : plusieurs traités faits et rompus. (Rajon)

En 1349, Le Dauphiné est vendu à la France, par le Dauphin Humbert II ; le Dauphin Charles, futur Roi de France, signe un traité en 1355, avec le Comte de Savoie, Amédée VI, dit le Comte Vert. Par cet accord, le Comte Vert échangeait toutes les terres qu'il possédait au couchant du Guiers et au midi du Rhône contre le Faucigny, les terres du pays de Gex, de Bresse et du BUGEY. Mais le Comte Vert n'étant pas satisfait, les discussions se prolongèrent pendant 20 ans.

En 1349, cession du Dauphiné à la France ; le Dauphin était l'héritier du trône, le fils de Jean le Bon, le futur Roi Charles V. Cette situation nouvelle n'a certainement pas été sans influencer l'établissement d'une solution, d'autant plus qu'il a été décidé de procéder aux échanges de possessions des deux maisons, chacune dans leur secteur réciproque.

En 1354, bataille des Abrets, au hameau des vignes, où les Dauphinois furent battus par les Savoyards (voir 1326-1327). Après cette importante bataille, des négociations commencèrent avec les gens du Roi de France, pour le traîté de Paris (signé le 5 janvier 1355).

En 1355, un Pont tout en bois, couvert, relie les deux parties de la ville.

En 1355, 5 janvier Un traité, entre le Roi de France et Amédée, Jean Deu le bon, son fils Charles, Dauphin de France et Amédée VI de Savoie, dit " le Comte Vert ", fixait les limites des deux Etats : la ville de Pont de Beauvoisin, située sur les deux rires du Guiers, fut coupée en deux tronçons dont l'un resta à la Savoie et l'autre passa à la France.

En 1359, Ame de Montbel est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1364, le 30 mars, est fondé l'hospital du Pont de Beauvoisin (Savoie) par le noble Louis de Rivoire, seigneur de Domessin (scellé et contrôlé au Pont, par Paillaud et Pélisson, notaires).

En 1364, le 30 mars, Berlion de Rivoire avait au Pont de Beauvoisin. (rive droite) un hôpital pour les pauvres; le bâtiment étant tombé en ruines, son fils Louis de Rivoire, pour intentions de son père, fit relever l'établissement et le dota d'un revenu de 40 livres annuelles, moitié en blé, moitié en argent, sur diverses rentes féodales à lui dues dans la banlieue. En I364, une famille de Rivoire, Seigneurs de Domessin (armoiries du deuxième vitrail de l'Eglise des Carmes) s'illustra dans des batailles contre les Dauphinois; l'un d'eux, nommé Louis le Grand, Seigneur de Romagnieu, la Batie, Domessin, Gerbaix, Brussole-en-Piémont, fut ambassadeur d'Italie, gouverneur de Savoie, pendant la minorité du Comte Vert. Il dota la ville d'un hôpital des pauvres en I364; une ancienne léproserie, antérieure au XIIIe siècle était installée, au lieu dit du Puynet (Aiguenoire). Berlion de Rivoire et son fils Louis, reconstruisirent et dotèrent cet établissement pour en faire un hôpital. (Charat)

En 1364, Guillaume Caqinod est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1366, le 20 septembre, par son testament, Louis de Rivoire laissa la terre de Gerbaix et de Belmont au chevalier Sibuet de Rivoire, son troisième fils; (l'aîné Berbion avait épousé Catherine de Savoie-Arvillars). Cette branche de seigneurs de Gerbaix, tomba en quenouille par Claudine de Rivoire, duchesse de Nola, comtesse de Pont de Vaux, dame d'honneur et amie de Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie. Elle épousa en premières noces Antoine de Belletruche, grand maître d'hôtel de Savoie, gouverneur de Nice et de Turin, trésorier général, et en secondes noces, Laurent de Gorrevod, Comte de Pont de Vaux, Duc de Nova, prince du Saint-Empire, gouverneur de Bresse, frère du Cardinal de Gorrevod. (Chapelle)

En 1367, Le Duc de Savoie part à la croisade avec de nombreux chevaliers dont Jean de Belleville, créateur du gâteau de Savoie.

En 1367, Joffrey de la Palud est Châtelain du Pont de Beauvoisin. en 1370, le 23 juin, une transaction fut passée au château de Chambéry, sous l'arbitrage du Comte de Savoie, entre Jeanne de MiribelL, veuve de Jacques de Gerbais, Guillaume de Miribel, seigneur de Faramans, son père,Louis de Rivoire et Pierre de Bovet, au sujet de la dot de Jeanne de Miribel. Louis de Rivoire garda Gerbais ; Pierre de Bovet conserva Rochefort revendu plus tard au célèbre Pierre de Gervais, trésorier général de Savoie, tige de la branche d'où sortirent les nobles de Gerbais de Sonnaz. (Chapelle)

En 1374, ordre est donné au Châtelain de fortifier au plus vite la place (Chateau-Vieux) ; on installe une palissade de 22 toises entre le mur de la poterne des Ponts-levis au Mollard du Château situé au-dessus de la porte de Beyllemin ; puis Pierre Ruffi et son fils, charpentiers, construisent un balcon de bois fermé de tous côtés et dont le plancher était ouvert pour tirer verticalement. Ce château-fort comprenait une maison forte située au sommet de la colline de la Bouverie. (Charat)

En 1376, après une longue période de guerres, le Pont fut divisé entre la Savoie et le Dauphiné ; il y eut dès lors deux châtelains ou capitaines représentant l'un la France, l'autre la Savoie. Il n'y eut qu'une seule paroisse. (Chez nous 1930)

En 1376, le 24 février, un arrangement s'effectua entre les parties intéressées et le Pont de Beauvoisin fut partagé : la rive droite reste au Comte de Savoie; la rive gauche appartient au Dauphin qui s'y fit représenter par un châtelain. Malheureusement ce partage inaugura une ère de mécontentement dans la population des deux rives, et de contestations continuelles entre le Dauphin et la Savoie. Plus tard, le Comte Amadou VIII de Savoie, jugea opportun d'accorder de nouveaux privilèges et d'importantes immunités à ses sujets.

En 1376, fixation de la frontière entre la France et la Savoie qui divise la ville de Pont de Beauvoisin en deux. Chacune des deux villes a son syndic et son Châtelain.

En 1376, le 24 février, lors d'un traîté explicatif conclu, Le Roi Dauphin et le Comte de Savoie "promirent de s'en remettre à la décision du PAPE, si leurs députés arbitres ne pouvaient s'entendre à Grenoble" au mois de mai suivant. Le traîté de 1376 paraît avoir eu, pour premier résultat, la division du Pont de Beauvoisin, en deux communautés distinctes, ayant chacune leur châtelain, leurs administrations civile, judiciaire et militaire. Au Comte de Savoie appartint la juridiction de la rive droite, et au Dauphin, celle de la rive gauche. (Chapelle)

En 1377, le 14 juin, d'après le traité de Paris, il a fallu deux siècles de discussion pour établir exactement si l'eau du Guiers appartenait aux Dauphinois ou aux Savoyards ; ce ne sont qu'enquêtes et réclamations entre les Ducs de Savoie et Charles VI, Roi de France. Si les souverains ne se mettaient pas d'accord, les sujets étaient en chicanes journalières; car ce Pont, placé à la frontière, avait une extrême importance, point vital des deux pays. (Charat) Aprés 1377, la ville du Pont fut divisée en deux parties. Le bourg dauphinois fut alors clos de murs. Cette muraille longeant le Guiers jusqu'à l'ancien collège, passait par la rue du Général, place de la Halle et du Chanvre, prés de l'Eglise Saint-Clément et rejoignait le Guiers entre Borgnat et la place des Tilleuls. (Charat)

En 1377, avec la remise au Comte Vert des 16.000 francs d'or promis, le territoire de la rive gauche du Guiers devient sans conteste dauphinois. (Charat)

En 1379, Aymonet de Saint Pierre est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1387, le Bailli de Novalaise lève des troupes au Pont de Beauvoisin.

En 1392, le Prince d'Achaie fit poser 17 grosses balistes (arbalètes) du prix de 75 florins d'or. Wilheme du Pont désireux de réparer ce qu'il y avait eu d'irrégulier dans la décision de ses ancêtres se déclarant indépendants sur la terre soumise à leur juridiction par le Roi de Burgondie (tout comme les Seigneurs de Clermont, de Virieu, de la Tour du Pin) fit construire, près de son château, entre la place de la Bouverie et la place d'Aiguenoire, une chapelle dédiée à Saint-Laurent. Cette chapelle fut donnée aux bénédictins de Saint André-le-bas, de Vienne, à la charge pour eux de travailler au défrichement de la forêt de Pont de Beauvoisin et de rétablir le Pont de bois (Charat)

En 1393, le 28 mars, est présent aux Etats Généraux du Dauphiné tenus à Grenoble François Dercier, syndic représentant le mandement du Pont.

En 1398, Le 8 novembre, va à Grenoble, aux Etats Généraux du Dauphiné, Pierre Michel, consul du Pont de Beauvoisin.

En 1410, Les hommes de la ville de Pont sont engagés dans une guerre contre les Bernois.

En 1416, Le Comte Amédée V III fut nommé Duc. Durant longtemps encore, les Dauphins et les Ducs de Savoie cherchèrent à conserver la faveur de leurs sujets par des avantages, ce qui était fort intéressant pour les habitants des deux viles du Pont, mais éveilla en eux un esprit de jalousie et de discorde qui fut très long à se dissiper.(Charat)

En 1419, fondation du couvent des Carmes et construction de la chapelle conventuelle par le Prince d'Achaie, seigneur du Pont de Beauvoisin.(Charat)

En 1419, fondation du couvent des Carmes et construction de la chapelle qui devient église paroissiale en 1809.

En 1436, la peste faisait son apparition au Pont- de-Beauvoisin.

En 1437, les comptes des trésoriers généraux de Savoie, renferment de nombreuses pièces historiques d'un grand intérêt ; c'est ainsi que les comptes de Bolomier Antoine, donnent le précis de ce qui se passa aux conférences tenues à Pont de Beauvoisin durant les mois de juin, juillet, août, septembre au sujet des Valentinois. (Chapelle)

En 1447, par lettre datée de Genève, 16 février, le Duc Louis, tout en se disant non héritier de feu le Prince Louis d'Achaie, son oncle, déclare prendre à sa charge les 400 florins qu'il avait promis aux Carmes du Pont de Beauvoisin.

En 1450, avant l'invention de l'imprimerie, il y a au Pont un régent des écoles.

En 1451, une conférence a lieu entre les représentants du Dauphin et le Duc. Ceux-ci se plaignent de ce que, bien que le Duc possède la rivière et son lit jusqu'à certaine chaîne tendue sur la rive dauphinoise - à l'endroit où la justice de Savoie fait fouetter les malfaiteurs avant leur bannissement, l'expulsion s'opérant en les faisant passer au- delà de la chaîne - et bien que le droit de "Pontenage" appartienne au Duc, comme la charge d'entretenir le Pont, une tour ou bastille en bois a été récemment construite du côté dauphinois, sans le consentement des agents savoyards. Cette tour empiète un peu sur la limite indiquée par la chaîne, ainsi que sur le pont lui même et sur son toit. Il en résulte un préjudice à la souveraineté du Duc. La chaîne a été placée il y a une trentaine d'années par le Châtelain delphinal ; il avait poursuivi, par là, un certain délinquant, qui était à cheval, qui l'avait jeté par terre et s'était sauvé par le pont. C'est pour obvier à de tels inconvénients que la chaîne a été posée ; elle ne pouvait plus être mise sur le pont parce qu'il ne s'y trouvait pas de maçonnerie où la sceller.

En 1451, Le Duc Louis et la Duchesse Anne y viennent en grande pompe rencontrer le Dauphin Louis, le futur Louis XI pour essayer en vain d'éviter la guerre avec le Roi de France.(HPP)

En 1451, du 11 avril au 4 mai, le seigneur Antoine, Comte de Rollenc et de Saint Victor accompagna le Duc à Pont de Beauvoisin où le Dauphin s'était rendu, à son retour de Chambéry et de Grenoble, pour la solution d'une difficulté, relative au limites du Guiers et du monastère de la grande Chartreuse. Humbert Veluet, remplaçant le Bailli de Bresse, reçut l'ordre de procéder à l'exécution de la sentence portée à Pont de Beauvoisin par le Duc contre les seigneurs de Varambon, Dorsont, Gorrevand, Menthonay, Saint-Jullien, Theysonnière, dont il réduisit les châteaux sous la main du Duc à partir du 10 mai. Deux lettres datées de Pont-d'Ain, (17 novembre et 24 décembre) érigent la compagnie des archers, garde du corps, dont le traitement devait être pris sur les revenus des seigneurs condamnés à Pont de Beauvoisin, durant l'entrevue du Duc et du Dauphin. (Chapelle)

En 1452, le 16 janvier, le Dauphin et la Dauphine reçurent à la Tour du PIN la visite du Duc et de la Duchesse de Savoie.

En 1454, conflit entre le Dauphin Louis XI et le Duc de Savoie.

En 1454, pillage de la ville par le Dauphin Louis XI.

En 1454, du 24 mars au 7 avril, Ginotier de Mores, conseiller et écuyer du Duc, le prêvot de Lausanne, Martin le Frank et François Favre se rendirent à Valence, auprès du Dauphin pour traiter la paix. Ce dernier envoya ses ambassadeurs à Annecy, le 7 août 1454, et la paix ne fut conclue que le 25 septembre. (Chapelle)

En 1454, malgré son alliance, le Dauphin Louis XI fit envahir la vallée du Guiers et mettre à feu et à sang le Pont de Beauvoisin, la Bridoire et ses environs ; le couvent et l'église des Carmes, récemment construits par le Prince d'Achaie, furent incendiés ; une lettre de Rumilly, du 22 novembre, nous fait connaître les noms des Seigneurs qui se révoltèrent contre le Duc et embrassèrent le parti du Dauphin. Parmi eux se trouve Gabriel de Clermont qui livra le Château de Verel ; les nobles de Clermont, Seigneur de Saint-Geoire en Valdaine, avaient reçu des Princes de Savoie les fiefs de Saint-Béron. Aiguebelette et les autres.

En 1454, mise à sac du Pont Savoie par les Dauphinois. (Chapelle)

En 1454, le Duc de Savoie remet à Pont tout les impôts, pour réparer les dégâts causés, le 21-12-1454.

En 1456, c'est la peste à Pont de Beauvoisin.

En 1456, Jean de Montbel est Châtelain du Pont de Beauvoisin.

En 1475, du 5 juillet au 10 août, eurent lieu à Pont de Beauvoisin de nouvelles conférences au sujet du Comte de Villars, Comte d'Alexandrie Richardon.

En 1479, le 10 mars, Léonard de Gourt, maître d'artillerie ducale, se rendit à Pont de Beauvoisin pour servir contre eux qui se disposaient à la guerre de Bourgogne contre le Roi de France.

En 1480, le vieux pont de bois était rompu. Vers la fin du XVe siècle, les habitants du Pont avec les forestiers, habitants de la Folatière, Saint-Jean, Saint-Albin, hameaux couverts de forêts ont fourni les matériaux nécessaires à la construction du nouveau Pont qui fut achevée vers 1480-1485 sous la direction de Jean Régis, architecte aux Abrets ; cette oeuvre ne fut pas de longue durée et le pont tomba en ruines.(Charat)

En 1482, en novembre le Duc Charles passa à Pont de Beauvoisin, pour rentrer dans ses états et arriva à Chambéry le 11 avril 1483.

En 1486, des conférences eurent lieu à Pont de Beauvoisin pour le marquisat de Saluces.(Chapelle) A partir de 1493, furent Châtelains de Pont, plusieurs générations de Pelisson.

En 1498, le 12 janvier, décès de Jean de Montbel seigneur de Verel : la pierre tombale est visible dans la chaufferie actuelle de l'église des Carmes.


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Re: PONT DE BEAUVOISIN

Message par lebeaujus le Lun 24 Oct - 6:20



En 1504, une souscription a lieu pour reconstruire l'église et le couvent complètement détruits par un incendie. (Chapelle des Carmes)

En 1505, Jacques, fils de Jean de Montbel est châtelain du Pont.

En 1509, Louis XII, après son expédition en Italie, voulut se venger du revers de ses armes; par son ordre, une armée fut réunie au Pont-de-Beauvoisin. Bayard vint y prendre le commandement d'une compagnie de 500 hommes ; les seigneurs dauphinois accoururent en foule au rendez-vous. (Rajon)

En 1512, les héritiers du Noble Pierre de Mont Drogon sont Châtelains du Pont-de-Beauvoisin. (Chapelle)

En 1512, Louis XII, après sa chevaleresque expédition d'Italie, ordonna dans la crainte d'une invasion étrangère, de fortifier toutes les places frontières du Dauphiné, du côté de la Savoie et du Piémont. Le Pont-de-Beauvoisin fut de ce nombre. Il fait édifier une citadelle qui fut détruite en 1626 par un édit royal inspiré par Richelieu. (Marigny)

En 1516, François 1er méditait une nouvelle guerre sur cette terre qui, de tout temps, a eu le privilège de dévorer les meilleurs enfants de la France. A cette époque, la dévotion au Saint-Suaire qui était à Chambéry s'était répandue partout. Le Roi fit voeu de l'aller visiter à pied. Il partit en effet de Crémieu, où il était, avec les principaux de sa cour, tous revêtus d'une aube de toile blanche. Il alla d'abord révérer la vierge dans une chapelle qui lui est dédiée en la grotte de la Balme ; après, il vint à la Tour du Pin, s'arrêta à Pont-de-Beauvoisin, d'où il se dirigea sur Chambéry. (Marigny)

En 1516, François 1er passa à Pont le 10 juin, pour aller visiter et révérer le Saint-Suaire à Chambéry, pour rendre grâce à Dieu des bonnes fortunes qu'il lui avait données au commencement de son règne (Le Saint-Suaire sera transféré à Turin en 1578).

En 1517, François 1er s'arrête avec sa cour à Pont pour aller à Chambéry.

En 1518, le 14 Juillet, Jacques de Bouquets, trésorier général, Maître Buetet, le clavaire Moneton, le receveur Tronchet, le Collatéral Garra et autres vinrent visiter les ruines du Pont. Ces quelques lignes suffisent à faire comprendre l'importance stratégique du Pont-de-Beauvoisin et les charges subies par cette ville pour la cause de Princes de Savoie. (Chapelle)

En 1518, en avril, Pont-de-Beauvoisin (rive gauche) commença les travaux sur le pont qui furent poursuivis par les habitants de la rive droite (la direction en fut confiée à Jean du Pas). (Chapelle)

En 1527, Guillaume Croisier est châtelain du Pont-de-Beauvoisin.

En 1529, Jean Fion est châtelain du Pont-de-Beauvoisin.

En 1532, Jean Descotes est châtelain du Pont-de-Beauvoisin.

En 1536, sur l'édit royal promulgué par François 1er, les travaux de reconstruction du pont furent repris sous la direction de l'architecte Dufraine. Le plan primitif des Savosiens comportant deux arches avec une pile supportant une tour fermée, fut complètement modifié et fut construit sur une seule arche, (voir le parchemin au musée pontois).

En 1543, à la demande du Parlement du Dauphiné, François 1er ordonne que le vieux pont de bois, sur le Guiers, soit remplacé par un pont de pierre ; ces travaux sont commencés, et leur direction est confiée au sieur Olivier architecte de Lyon. A la mort de François 1er ,les travaux sont interrompus ; les piles du pont dépassent le niveau de l'eau. (Rajon)

En 1548, une requête est adressée pour la reprise des travaux par les habitants du Pont-de-Beauvoisin, au Roi Henri II, qui la renvoie aux commissaires députés à la commission. (Par arrêt rendu à Saint-André, le 7/10/1548). (Rajon)

En 1549, un écusson est sculpté datant la construction de la borne sur le Pont François 1er.

En 1552, trois pères des Carmes furent pendus à la porte de leur couvent (presbytère actuel) par le fameux Baron des Adrets et le couvent fut incendié.

En 1554, le 16 octobre, le Roi ordonna que son trésorier général pour la province du Dauphiné fera, sur les recettes ordinaires et extraordinaires, les fonds nécessaires aux travaux, relatives à la construction du pont.( Rajon)

En 1555, à la requête d'Aymar Roux consul, Antoine Burt, notaire du Pont-de-Beauvoisin, le premier président de la Chambre des Comptes du Dauphiné, Jehan Fliard, désigne Claude Roland, maître ingénieur du Roi en ses forteresses de Lyon, Etienne Genin, charpentier juré de ladite ville de Lyon, et André Gardiey, maître maçon du Pont-de-Beauvoisin, pour reconnaître les travaux nécessaires à la réparation du pont et pour en évaluer la dépense. (Rajon)

En 1556, François Mollet est châtelain de Pont-de-Beauvoisin.

En 1560, Aymar Bajart, lui succède.

En 1562, le Pont eut à souffrir d'une agression des Huguenots conduits par le Baron des Adrets. Ils avaient pénétré dans la ville durant la nuit et surpris les habitants endormis. Au couvent des Carmes, plusieurs moines furent pris et pendus aux barreaux des fenêtres ; les bâtiments furent pillés et incendiés (attaque des Huguenots-la ligue).( bppb). "Rive droite". Lors de ravages sans noms exercés par le trop fameux Baron des Adrets, la chapelle de Saint-Laurent, où furent inhumés les nobles du Pont et les nobles de Rivoire, tomba sous le fer et le feu des soldats. (Chapelle)

En 1564, un édit du Roi Charles IX ordonnait que les marchandises d'or, d'argent, de soie etc, venant d'Italie qui payaient ci devant les droits d'entrée au passage de Suze, acquitteraient désormais les dits droits au Pont-de-Beauvoisin.

En 1565, les guerres de religion éprouvent cruellement la région du Guiers ; le Baron des Adrets, en lutte contre les familles illustres de Savoie, pille et incendie l'église et le couvent des Carmes, pend des moines, rançonne et malmène la population.

En 1568, un pont est décidé, solide en pierre pour remplacer les ponts de bois, ou les passages à gué ; cette construction exige des pourparlers, des enquêtes commencées sous François 1er. (le Pont)

En 1574, en septembre, Henri III fuit le trône de Pologne ; il échappe par la ruse aux sujets qui l'avaient choisi et qui employaient même la force pour le retenir ; il revient en France régner sur un peuple divisé en deux factions, toutes deux ennemies d'un pouvoir royal. Mais, venant de Chambéry, il est attaqué par les protestants de Montbrun et malgré les 4000 soldats prêtés par le Duc, il s'en est fallu de peu pour que le jeune Roi ne soit capturé ; ses bagages furent même pillés. Il arrive tout de même le 4 septembre à Pont-de-Beauvoisin où l'attendent sa mère Catherine de Médicis, son jeune frère le Duc d'Alençon et son beau-frère Henri de Navarre, futur Henri IX. Mais le cortège royal gagne au plus vite Lyon jugée plus sûre ; les autorités locales en seront quitte pour leur réception. La guerre empêcha la reprise des travaux sur le pont ; le 30 septembre 1574, le Roi Henri III en conseil, approuve une nouvelle requête des habitants du Pont-de-Beauvoisin et ordonne que les travaux seront repris et qu'ils seront payés par un droit de péage exercé sur toutes les marchandises et les bestiaux. Au XVIème siècle, les gens du Pont-de-Beauvoisin eurent un démêlé avec le Comte de Savoie ; une sanglante bataille fut livrée prés de les Abrets, au hameau des Vignes ; le Comte eut l'avantage et, après avoir retiré tous les privilèges aux habitants, il surveilla particulièrement la petite cité qui avait failli lui échapper. Vers la même époque, le fameux Baron des Adrets y engagea une grande bataille contre les familles illustres du Dauphiné et de la Savoie, les Clermont-Tonnerre, les Corbel-de-Vaulserre, les Desmarest, les Seyssel, etc ; après avoir commis des cruautés sans nombre, il fut obligé de céder à la force et de fuir, abandonné de ses soldats. (Rajon)

En 1579, le 23 juin, le sieur Cratel, seigneur de Granieu, trésorier général de France pour le Dauphiné et le marquisat de Saluces, se rend au Pont-de-Beauvoisin et ouvre une enquête pour arrêter la nature et la valeur des travaux du pont de pierre. (Rajon)

En 1581, le 13 juillet, la ferme du péage pour 14 ans et les travaux du pont de pierre sont adjugés au sieur Jacques Dufraine.(Rajon)

En 1581, le Roi Henri II avait permis de prendre dans les carrières du Dauphiné les pierres nécessaires ; les travaux, bien avancés en 1581, étaient interrompus par le mauvais vouloir du Duc de Savoie qui empêchait l'enlèvement et la mise en oeuvre des matériaux sur la rive. (Charat)

En 1583, le pont de pierre est achevé. Commencé sous François 1er, il est d'une seule arche, remarquable par sa forme et sa hardiesse ; il met en commutation les deux pays ; sa construction, d'après les plans de l'architecte Dufraine de Pont-de-Beauvoisin, date de François 1er et des guerres d'Italie ; l'arche est une demi-circonférence régulière portant un diamètre de 21 métres ; on voit encore, sur la huitième assise des culées, les armes de France très bien sculptées en bas-relief ; la première révolution française fit effacer les fleurs de lys ; l'ouvrier chargé de ce travail sut conserver les écussons entourés de coquillages et ornés intérieurement du collier de l'ordre de Saint-Michel ; il existe encore au milieu du pont un obélisque tronqué élevé sous Henri IV ; il fixait les limites des deux états et portait les armoiries de France et de Savoie. (Rajon) D'après M. Chapelle, le pont de bois construit précédemment s'était rompu vers la fin du XVème siècle ; au dire d'un chroniqueur dauphinois, Aymar du Rivail, le Pont devait son origine à une colonie d'Allobroges qui se serait fixée en cet endroit ; ce qu'il y a de certain, c'est que les Romains y ont passé ; le Pont se trouvait en effet, sur l'une des trois voies romaines, allant de Vienne en Italie ; c'était la plus discrète, elle passait par le Petit Saint-Bernard ; on croit même que les Romains ont séjourné au Pont : on a trouvé, à diverses époques, des restes d'anciennes constructions romaines et des inscriptions qui semblent justifier cette opinion.

En 1590, le royaliste Lesdiguières prend le Pont-de-Beauvoisin. Quand les alliances étaient conclues entre les familles régnantes de France et de Savoie, les réceptions des princes et des princesses des deux dynasties se faisaient ordinairement à la frontière ; le Pont-de-Beauvoisin a souvent été choisi pour ces entrevues ; les trois roses qui ornent aujourd'hui son blason rappellent trois alliances. (Rajon)

En 1590, Lesdiguières, chef du parti protestant du Dauphiné, attaque dans la vallée du Guiers et s'empare sans coup de feu du Pont Savoie.


En 1600, la province du Dauphiné payait sur ses recettes 3.000 livres aux nobles de Clermont. Cette lutte entre le Dauphin et le Duc de Savoie se termina par la sanglante bataille de la Bridoire qui mit à feu et à sang Pont-de-Beauvoisin et ses environs. La bataille fut perdue par le Duc de Savoie; les Dauphinois saccagèrent aussi le couvent et l'église des Carmes. (Charat)

En 1600-1601, Lesdiguières donne l'ordre de raser le château de Pont Savoie, ordre exécuté

En 1601 et qui provoque un incident entre la France et la Savoie. (Charat).

En 1601, Wilhelme du Pont, seigneur de Pont-de-Beauvoisin, où les deux côtes du Guiers lui appartiennent, habite un château-fort sur la colline de la Bouverie (ce château fut rasé

En 1601 sur l'ordre de Lesdiguières). A la mort de Wilhelme, Amédée 1er, Comte de Savoie, achète peu à peu tous ses biens qui bordent le Guiers. Ce château-fort situé sur la colline, rive droite du Guiers, comprenait une maison forte située au sommet de la colline de la Bouverie, dénommée "château-vieux". Les Comtes de Savoie le firent restaurer et agrandir. L'enceinte du château s'étendait du côté de la Maladière et des Rivaux et comprenait encore, à l'entresol, la maison forte de Guillaume de Rivoire. (Charat)

En 1603, un bataillon genevois, venu de Romagnieu traverse un jour le Pont-de-Beauvoisin, tambours battants et enseignes déployées, pour aller saccager le territoire des Savoyards.

En 1619, passage à Pont de Christine de France, soeur de Louis XIII, accompagnée de Victor Amédée de Savoie.

En 1626, un édit royal, inspiré par Richelieu, donne l'ordre de détruire la citadelle de Pont-de-Beauvoisin. Pendant la peste de 1629-1630, les Echevins du Pont firent voeu, au nom de la commune, d'aller chaque année en procession prier dans la chapelle Saint-Roch du couvent des Carmes ; ce voeu à été tenu jusqu'en 1790. (Chez nous 1930)

En 1630, 18 janvier Richelieu, vient de Lyon, pour une entrevue avec le nouveau Duc de Savoie.

En 1684, le Duc Amédée de Savoie dans une charte dans les archives de la commune, octroyait aux habitants de Pont Savoie, le droit de bourgeoisie, à condition que ceux-ci fermassent la dite ville dans de bonnes murailles, fassent des portes dans l'année et maintiennent le tout en bon état ainsi que le pont d'Aiguenoire. (Charat)

En 1691, Fontaine de Saint Félix ; dans la cour du presbytère ; église des Carmes.

En 1696, grandes cérémonies en l'honneur de Marie Adélaïde de Savoie ; "la princesse de la paix" dont le mariage avec le duc de Bourgogne a été organisé comme preuve de la réconciliation de Louis XIV avec la Maison de Savoie. Le 16 octobre, nous sommes à Pont-de-Beauvoisin, prés du pont François 1er, côté Isère, à la hauteur d'un 1er étage, autour de 3 heures de l'après midi par une belle journée du début de l'automne ; la douceur du temps a permis aux élégantes d'arborer leurs plus belle robes décolletées en l'honneur de ce jour de fête. Les uniformes de toutes les couleurs, les plus riches broderies voisinent avec les plus belles dentelles des femmes de nos provinces dauphinoise et savoyarde. Nous attendons dans la joie et dans la fièvre, l'arrivée de la petite princesse Marie-Adélaïde de Savoie, fille du Roi de Piémont Victor Amédée II qui, aux termes des accords passés avec Louis XIV, vient en France, à l'âge de 11 ans, pour compléter son éducation, dans l'attente d'épouser le petit-fils de celui-ci, le Duc de Bourgogne, jeune héritier de la couronne de France ; Pont-de-Beauvoisin, est à cette époque et pendant les siècles futurs, la grande porte d'entrée en France du côté de ce qui n'était pas encore l'Italie, unifiée de nos jours. La France de Louis XIV brillait dans le monde du plus vif éclat et était sans discussion la 1ére nation de l'Europe.

Ce jour là plus de 20.000 personnes étaient dans notre Pont, invitées et venues de tous les coins du Piémont, de la Savoie, du Dauphiné, pour voir le spectacle des cérémonies de réception de la petite Princesse dont tout Versailles parlait en cette année. De grandes réjouissances furent organisées. Une estrade est installée au 1er plan, au bord du Guiers sur notre droite pour permettre aux habitants du Pont, à leurs invités de se masser en première loge pour assister de prés à cet événement. Cette estrade est décorée de cinq immenses pavois aux couleurs de Turin, d'azur au taureau d'argent et celles de France, d'azur aux trois lys d'or de Bourgogne, armes de son futur époux du Dauphiné et de la Savoie.

Un grand drapé face à la route, reproduit les couleurs de Turin, lieu de naissance de Marie-Adélaïde et celles du jeune Duc de Bourgogne, en symbole de bienvenue et d'heureuse augure, envers celle qui vient prendre le rang de future reine de France. Le pont de cet époque est étroit, fortement en dos d'âne, sans trottoir, orné sur ses deux axes à droite, d'une croix tréflée, recueillie à l'heure actuelle au presbytère de l'église de Pont Savoie et, à gauche, d'une petite colonne en forme légèrement pyramidale sculptée sur chacune de ses faces, des armes de Savoie et de France. On retrouve cette borne-frontière maintenant sur le pont. Sur l'estrade, parmi la foule, les bourgmestres des deux Pont, messieurs les curés des deux villes, les notables, les enfants du pays, le peuple et, au tout premier plan, une "magnaude" est en grande conversation avec une tarine et une fille du Queyras ; à côté d'elles, deux Mauriennaises en costume de leurs pays et, à côté, une Dauphinoise du Grésivaudan. On aperçoit, en face de nous, la maison austère des douanes de Savoie ; plus à droite, la maison des Clermont -Tonnerre et plus à droite encore, l'église de Pont Savoie ; à droite et à gauche du pont, les curieuses maisons en avancée sur le Guiers ; sur les collines les restes des imposantes fortifications de Savoie dont le château-fort fut détruit par le Duc de Lesdiguières

En 1620. En face du pont, des tours qui restaient de la porte D'Aiguenoire. Une estampe de Pont-de-Beauvoisin, autour de 1800, nous laisse voir les ruines imposantes de ces anciennes fortifications. Trois heures sonnent au clocher de l'église de Pont Savoie, un grand brouhaha vient de l'autre côté du Guiers, le cortège arrive ; une escorte des soldats de Savoie, immaculés dans leurs costumes blancs aux revers d'azur aux légendaires collets rouges, vient prendre place face à la route de chaque côté du pont ; la même escorte des gardes du corps de Louis XIV, en grande tenue bleue, aux parements d'or prend les mêmes positions de l'autre côté de la frontière. Le carrosse du Roi a déjà pris sa position réglementaire, objet de nombreuses discussions, les roues arrières sur le territoire Savoyard. Les dignitaires français se sont avancés, deux dames de France portent le manteau symbolique aux armes du Roi, dont la princesse se couvrira dès la frontière franchie ; elle perd sa nationalité et devient française. Ces dignitaires sont suivis d'une première escorte de hallebardiers du roi, vêtus de hongreline rouge précédant les cinq femmes de chambre françaises de la princesse ; les trompettes et les tambours de la garde royale attendent l'ordre de leur chef avant de répondre aux trompettes de Savoie. Suivent des officiers de la milice et de l'armée avec un détachement de leurs troupes. Pendant ce temps l'escorte piémontaise arrive à pas lents précédant l'escouade de dragons jaunes du Piémont, armée par Chambéry ; les deux trompettes et la Garde suisse à pied ont pris leurs position, sur la gauche les ordonnances porte-drapeaux se présentent face à face pour le salut de leurs couleurs. La petite Princesse est là sur la frontière, les présentations se font des deux cotés ; la gouvernante piémontaise de Marie-Adélaïde ne peut retenir ses larmes, et le petit page ne va pas tarder à fondre en larmes, quand il va transmettre la traîne de sa robe au page français ; moment fugitif d'une heure de l'histoire du grand siècle de Louis XIV que l'on a tenté de recréer. (Boile-Reddat, notice pour un tableau exécuté par lui et exposé salle des fêtes de Pont-Isère).


En 1700, au commencement du XVIII siècle, peut-être même avant, une compagnie d'infanterie formait la garnison plus ou moins sédentaire de la ville. Le capitaine commandant avait alors le titre de major simplement.

Mais vers 1719, un office de "commandant de place" y fut créé, par ordre du Duc d'Orléans, avec une lieutenance de Roi en sous-ordre. Le premier titulaire de cet emploi nouveau fut le sieur de Villeneuve qui eut de violents démêlés avec les fermiers des douanes. Le mémoire suivant, écrit vers 1730, nous fait connaître les griefs reprochés au nouveau commandant ; (Mémoire par lequel il est prouvé que l'établissement d'un commandant de place pour le Roy au Pont-de-Beauvoisin est très préjudiciable aux fermes). C'est une nouveauté qu'un commandant au Pont-de-Beauvoisin, mais sa Majesté ayant jugé à propos d'en établir un, choisit S. de Villeneuve et l'y envoya en 1719. Il y avait en ce temps une compagnie du régiment de Lorraine en garnison qui n'y resta pas longtemps et qui fut relevée par une autre compagnie de Navarre qui y séjourna trois au quatre mois au plus. Lorsque cette petite troupe se fut retirée, le sieur de Villeneuve qui avait goûté la douceur du commandement et qui ne voyait personne pour obéir, à ses ordres, prit le parti de tenir des espèces de milices qu'il choisit parmi les habitants du lieu et des environs et faisait faire la garde sur le pont qui sépare la France de la Savoie.

La contrebande régnait alors et ses habitants, qui en font une profession ouverte, choisissaient le temps favorable que leurs amis fussent de garde pour faire passer leurs marchandises. Le commis principal des fermes représenta au rieur Villeneuve les dangereuses suites de cette garde et, de concert, ils écrivirent, luy à M. Blanc, le commis principal à M. Fagon, qu'il était du bien du service de poser une barrière sur le Pont-de-Beauvoisin pour empêcher ce versement des marchandises. On rendit cette année un arrêt par lequel il fut ordonné que cette barrière serait construite aux frais du fermier qui a toujours prétendu que la clef devait être à ses commis. Le Sieur de Villeneuve s'en saisit injustement et la garda fort longtemps, mais forcé de se rendre aux représentations du contrôleur général des fermes qui succéda au commis principal qui lui fit connaître l'abus qui en résultait par l'interruption du commerce et par la confiance mal fondée qu'on avait aux habitants du dit-lieu qui faisaient toujours la garde, il convint qu'elle serait mieux entre les mains des employés et la remit aux garde sédentaire du bureau. Pendant le temps qu'elle a été à leur disposition , le service des fermes s'est mieux fait et il ne s'est rien passé d'extraordinaire. Le sieur de Villeneuve, étant sans troupes, considéra qu'il était inutile en ce lieu et voulant s'y rendre recommandable, sollicita en Cour une compagnie "d'invalides" sous prétexte de garder une frontière, comme si elle était exposée aux insultes de l'ennemi et en faire pour la première fois de la vie une place de guerre. (Ceci est absolument faux, nous l'avons déjà fait remarqué). Cette compagnie obtenue, il demanda aux gardes sédentaires la clef de la barrière pour deux heures seulement ; elle lui fut remise, et quelques jours après en vain réclamée par le contrôleur général des fermes; il n'a jamais voulu s'en dessaisir, en sorte que toutes les marchandises venant d'Italie et de Savoie et toutes celles qui y vont sont d'abord à la disposition du commandant et de ses troupes avant que d'être en celles des commis et employés du bureau qui seuls doivent y être préposés. La peste qui est survenue a autorisé ce commandant dans ces sortes de fonctions par les différents ordres qu'il a reçus de MM. les Commandant et Intendant de cette province qui lui ont enjoint de prendre garde à ce qui entrerait et sortirait pour la sûreté et la santé ; il s'est luy même presté et fait valoir en exposant qu'il en serait le salut et la garantirait par ses soins de la maladie. Il a aussi écrit à M. le Prévost des marchands et à MM. de la chambre de la Santé de Lyon qu'ils ne devaient recevoir comme marchandises venant de ce costé qu'elles ne fussent accompagnées d'un billet de santé visé de Luy, comme si tout ce qui sortait de Savoye avait été censé infesté ; néanmoins la terreur et l'effroy que cause la peste le fit écouter, sans réfléchir s'il était nécessaire, ou s'il ne l'était pas, en un mot, il se rendit maître de tout. Ceux qui sont préposés à la régie des fermes se sont plaints quelques fois que ce commandant s'immisçoit mal à propos dans leurs affaires, qu'elles n'étaient point de sa compétence, que ses troupes tracassaient les voituriers et les faisaient composer, qu'elles empêchaient le versement du sel de Dauphine en Savoye et que si celuy des marchandises défendues en France avait lieu, elles le faciliteraient, que lui-même exigeait induement dix sols par billet de santé qui accompagnait chaque ballot et marchandises venant d'Italie ou de Savoye pour Lyon ; que ces dix sols excédaient quelques fois les droits des fermes. M. de Medavy lui donna ordre à différentes fois de ne point se mêler d'affaires de fermes et lui écrivit aussi de ne rien exiger pour son veu (visa) des billets de santé, comme on le verra par la copie de la lettre ci-jointe. (Signé Cretel, 5 juin 1721, lettre-reçu d'un acquit de 10 sols HPB.)

En 1729-1732, d'après le plan cadastral du géomètre Charles Antoine Bucaillon, et d'après la carte de Cocelli, la ville compte, sur la rive droite, 422 parcelles pour 568 journaux, 66 toises ; la dîme est payée au prieur des carmes de Pont de Beauvoisin ; les droits féodaux sont dus au Carmes, au chapitre cathédral de Belley, à Joseph de Corbeau, seigneur de Vaulserre, au Marquis de Saint-Séverin. Il y a des biens communaux, mais pas de droits d'alpéage, ni d'affouage.

En 1747, naît à Pont-de-Beauvoisin, Cretel Emmanuel Comte de Champenol, administrateur, député de la Côte d'Or, membre des Cinq Cents sous le Directoire, du Conseil d'Etat sous le Consulat, directeur général des Ponts et Chaussées, gouverneur de la Banque de France en 1807, ministre de l'intérieur sous l'Empire. Il mourut Comte d'Empire en 1809. Il fut inhumé au Panthéon. (DS 1925)

En 1750, le château de Montbel a survécu à la puissance de ses suzerains ; longtemps encore ses débris orgueilleux resteraient debout. Ils fournirent un refuge aux bandits Mandrin et Roqueyrol. Au nord-ouest d'aperçois des vielles, derniers vestiges du château de Saint-Maurice-de Rotherens, dont les Barons eurent avec les Montbel de sanglantes et de nombreuses affaires. Voici à ce sujet quelques renseignements sur Mandrin et son état-major : traqués de partout, principalement à Genève et à Carouge, ils se sont décidés brusquement à venir occuper la Savoie, où les libertés étaient plus grandes et les contrebandiers plus nombreux. Ils vinrent s'établir au château de Rochefort. Ces hommes prévoyants mirent d'abord leurs fortunes en lieux sûrs ; 80 fusils appartenant aux contrebandiers furent également déposés au Pont-de-Beauvoisin, chez le nommé Provensac, dit le Français. Un marchand, M. Cretet, surveillait ces armes, conseillait et avertissait du danger les contrebandiers. Voici le rapport qui fut fait à la police par le sieur Marsin : Mandrin a à lui environ 100.000 livres (plus de 400.000 francs) ; son argent est en partie chez le marquis de Chaumont, en partie chez le marquis de Saint-Séverin, qui demeure au Pont-de-Beauvoisin, et en partie au Viviers, chez le nommé Recoquillé. Le nommé Berthier est, pour le moins aussi riche, mais on ne sait où il tient son argent. Le major, dit Saint-Pierre, peut avoir environ 25.000 livres qu'il tient aux Echelles, chez ses parents. Son frère cadet n'a guère qu'environ une centaine de louis. (Pélissard, dit le pays, est aussi riche que Mandrin et Berthier. Il tient son argent au Pont-de-Beauvoisin, chez M. Cretet, ou chez le nommé Mistrallet. Son frère, qui sert d'espion à toute la bande et que j'ai dit s'appeler Clément et faire le métier d'opérateur en France, a environ 12.000 livres, qu'il tient chez un prêtre à Saint-Jean de Maurienne. Broc a environ 30.000 livres qu'il garde chez lui, aux Echelles, où il est marié et tient boutique ouverte ; le nommé Carnaval a environ 20.000 livres, qu'il tient en dépôt chez des marchands de Chambéry. Tous ces individus sont les principaux chefs de bandes des contrebandiers. (Rajon)

En 1755, Monsieur de la Morlière recevait des avis de ses espions. Il écrivait du Pont-de-Beauvoisin à M. de Sinsan, gouverneur de Chambéry: Je crois, Monsieur, vous faire plaisir en vous donnant avis que ce soir Mandrin et plusieurs autres de sa bande doivent se trouver, sur les 9 à 10 heures du soir, au château de Domessin, appartenant à M. Lessins, pour y danser et se réjouir à l'occasion de la noce de la jeunesse, fermier du château, qui s'est marié aujourd'hui. Il serait heureux, Monsieur, que cette fête vous donnât lieu de débarrasser la société de ces mauvais sujets qui contrarient également l'autorité des deux monarques. C'est dans cette espérance que je vous fais passer cet avis. Si vous le voulez, Monsieur, envoyer secrètement à ce château, vous y ferez sûrement arrêter ce chef de bande, ainsi que plusieurs autres de sa suite. M. de Sinsan ne tint aucun compte de cet avis; le rapport du sieur Marsin nous a suffisamment édifiés sur la tolérance du gouvernement sarde à l'égard des contrebandiers. Il n'y avait donc rien à attendre de ce côté. Quels ordres furent alors donnés par les ministres de France ou les fermiers-généraux ? On ne sait. Des recherches dans les papiers de la Ferme, conservés aux archives nationale, jetteraient peut-être quelque lumière sur toute cette affaire. Une forte récompense avait dû être promise à celui qui s'emparerait de Mandrin ; en effet, on ne peut guère comprendre autrement que M. de La Morlière, simple colonel, ait osé sans ordres supérieurs, sans être assuré de l'impunité, au risque de provoquer de graves difficultés internationales, entreprendre le coup de main que nous allons lui voir exécuter. Un jour il reçut l'avis que Mandrin devait coucher dans la nuit du 10 au 11 mai 1755, au château de Rochefort, distant d'une lieue environ de la frontière. Ce château appartenait alors à M. de Piolène de Thoury, président au parlement de Grenoble, qui le tenait de sa femme Jeanne des Champs de Chaumont. Le sieur Marsin nous a appris que c'était le séjour ordinaire de Mandrin et que, soit à cause de l'hospitalité qu'il y recevait, soit pour autres motifs, il y avait pris le nom de "Thoury" pour mot de passe. Il y était très lié avec le fermier Joseph Perréti. D'après une légende, son arrivée dans la nuit du 10 au 11 mai aurait été dénoncée par une femme qui l'aimait, pour se venger de quelque trahison amoureuse. Rien dans les enquêtes officielles ne laisse soupçonner un fait de ce genre. A la réception de cet avis, M. de la Morlière prit immédiatement ses dispositions pour enlever Mandrin. Il choisit dans son régiment quelques officiers entreprenants et peu scrupuleux, dont on a conservé les noms. C'étaient le lieutenant-colonel de Carré commandant l'expédition ; les capitaines Champagnac, Boissonnet et le Chevalier de la Morlière, neveu du colonel ; le sous-lieutenant Duverger ; l'enseigne Durant et l'aide-major de Saint-Amour. Il leur donna quatre cents hommes et une centaine d'employés de la Ferme. Cette troupe se rendit à Romagnieu au milieu de la nuit. Là une quarantaine de soldats quittèrent leur uniforme pour se déguiser et peut-être pour ne pas le compromettre dans la besogne qu'ils allaient faire. A l'aube ils traversèrent la rivière de Guiers et se trouvèrent en Savoie. Le ciel était couvert, la nuit très sombre et comme il le fallait pour une telle expédition. La troupe, marchant en silence et sans suivre les chemins, se dirigea en droite ligne à travers les champs cultivés. Arrivés à Rochefort, le château fut brusquement investi et, pendant que les uns attaquaient la porte d'entrée pour la forcer, les autres se mirent à tirer des coups de fusils contre les fenêtres, afin d'effrayer et prévenir toute tentative d'évasion. Derrière la porte ils trouvèrent un garçon jardinier; ils le rouèrent de coups et fouillèrent ses poches. Le pauvre homme n'y avait qu'un couteau et une serpette ; on les lui prit. C'est lui qui indiqua l'endroit où se trouvait Mandrin. Il était couché avec un de ses compagnons, d'Huet de Saint-Pierre, d'une famille noble des Echelles, à l'extrémité de l'appartement du premier étage, dans une petite chambre qui est à l'angle de la cour d'entrée. Des soldats et quelques officiers s'élancèrent dans l'escalier pour s'emparer de lui. Mandrin avait été réveillé par le bruit de la fusillade et il comprit que c'était à lui qu'on en voulait. Mais, en circonstance, il parait qu'il perdit la tête et démentit sa réputation d'audace et de bravoure. Dans la chambre, sur une table, étaient une paire de pistolets à deux coups, un sabre et un fusil, qui lui auraient permis de vendre chèrement sa vie. Il ne songea pas à s'en servir. Il passa ses souliers et ses culottes et, laissant son compagnon se tirer d'affaire comme il pourrait, il se sauva dans un galetas situé au-dessus de sa chambre et s'y cacha sous un tas de sarments. On se saisit de lui sans qu'il opposât, pas plus que son ami Saint-Pierre, la moindre résistance : ils furent solidement garrottés avec des cordes. Pendant que s'opérait cette capture, les soldats enfoncèrent la porte du fermier, qui fut battu et blessé grièvement. Ils fouillèrent dans tous les coins et recoins : les hardes, linge, souliers, en un mot, tout ce qui leur parut bon à prendre, fut volé. Ils arrachèrent la croix d'or du cou de sa femme et lui prirent le peu d'argent qu'elle avait dans ses poches. En furetant, ils trouvèrent 147 louis d'or, montant de deux années de fermages et caché sous un prie-Dieu, un petit sac à procès presque à moitié plein de doubles louis d'or que Mandrin avait donné en garde au fermier. Le lieutenant-colonel de Carré mit le tout dans sa poche. Puisque le chef en donnait l'exemple, la soldatesque mit réellement le château au pillage. Toutes les portes des chambres furent enfoncées et brisées : les meubles, secrétaires, commodes et garde-robes furent aussi fracturés, tout ce qui s'y trouvait mis en paquets et emporté : les archives furent lacérées et jetées par les fenêtres. Quand il n'y eut plus rien à prendre, quelques-uns allèrent jusqu'à couper des pans des tapisseries qui couvraient les murailles. Quand ces scènes de brigandage furent terminées, M. de Carré se mit en devoir de repasser la frontière. Il assembla ses hommes. Mit au milieu d'eux, sur la charrette, Mandrin et Saint-Pierre et deux ou trois pauvres diables arrêtés et qui furent ensuite relâchés. Il était alors près de dix heures du matin. En passant à Avressieux, cette soldatesque avinée, tua à coups de baïonnettes, sans motifs apparents, le maître d'école et pilla sa maison. Quelques paysans attirés par le bruit étant sortis de chez eux pour voir ce qui se passait furent accueillis à coups de fusils ; à Saint-Genix les mêmes désordres se renouvelèrent. Plusieurs maisons et des boutiques de marchands furent complètement dévalisées. Les pillards répandirent la terreur dans ce petit endroit en tirant des coups de fusils de tous côtés : un homme y fut tué et plusieurs blessés. Les habitants cherchèrent une salle dans l'église, on les y poursuivit à coups de baïonnettes. C'est apparemment cette fusillade qui a fait croire à quelques bibliographies de Mandrin qu'il y avait eu là un mouvement populaire pour le délivrer. Enfin, la troupe repassa le Guiers. Le colonel de la Morlière attendait sur le rivage les résultats de l'expédition. Quand il eut connaissance de l'arrestation de Mandrin, il partit immédiatement en poste pour l'annoncer à Paris et probablement recevoir la récompense promise. Quant aux deux prisonniers, ils furent dirigés sur Valence sous la garde d'une cinquantaine de soldats et condamnés à être rompus vifs. L'exécution eut lieu les 26 et 27 mai 1755. La veille, MANDRIN répondit à une dame qui lui parlait de confession et de salut : "Combien y a-t-il de cabarets d'ici au paradis, car je n'ai que six livres à dépenser sur la route". (Rajon)

En 1771, une cérémonie se déroule, lors du passage à Pont-de-Beauvoisin de la fille de Victor Amédée III, Marie-Joséphine, qui allait épouser le Comte de Provence, le futur Louis XVIII comme en 1773 pour la soeur Marie-Thérèse destinée au Comte D'Artois (futution civile, mai sur Charles X). (H)

En 1775, Marie-Clotilde-Adélaïde Xavier, fille du Dauphin Louis de France, fut reçue au Pont-de-Beauvoisin par son fiancé, le futur Charles Emmanuel IV. Pendant six mois, une armée de peintres avait transformé en palais les maisons autour de l'église des Carmes, de longues galeries somptueusement décorées permirent à la princesse de passer de France en Savoie à couvert, comme si elle changeait de pièce. Pendant une semaine, ce fut une suite d'illuminations, de feux d'artifice, de cavalcades, de festins. Marie-Clotilde préférait cependant les promenades avec son fiancé dans les environs, ou s'occuper des pauvres du pays. (HPP)

En 1791, les tantes de Marie-Clotilde, Melles Victoire et Adélaïde de France, fuyant la révolution naissante, arrivent au Pont-de-Beauvoisin rive gauche sous les cris et les huées de la foule. Les deux vieilles filles ne se sentirent rassurées qu'une fois le pont franchi, car sur la rive droite une réception digne de leur rang les attendait. (HPP) En février 1791, en pleine révolution, le curé de Pont-de-Beauvoisin et ses vicaires reçurent l'ordre de prêter serment à la constitution civile du clergé. Le curé Pravaz, en chaire, prononça ces paroles : "nous sommes disposés à prêter serment à la constitution civile, mais seulement en ce qui concerne la nation, la loi et le Roi. Ce qui a été réglé par l'Assemblée, relativement au clergé, doit être soumis à l'Eglise. Que l'Eglise décide et nous obéirons à l'Eglise. Invité à prêter un nouveau serment conformément aux prescriptions de l'Assemblée Nationale, il s'y refusa, passa en Savoie et fut remplacé par le curé Douillet, fondateur et président de la Société Populaire "les amis de constitution" de Pont-de-Beauvoisin. Le 20 avril 1792, le ministère fit voter par l'assemblée la déclaration de guerre à l'Autriche. Cette guerre débuta mal et les troubles religieux s'aggravèrent. Le 17 mai 1792, la Société Populaire de Pont-de-Beauvoisin fut créée. Les créateurs "considérant que dans un moment où les ennemis de la patrie s'agitent de mille manières pour égarer des citoyens crédules par des suggestions perfides, semer la défiance parmi eux, prêcher la désobéissance aux bois, il est du devoir des vrais citoyens français de déjouer les projets de ces vils instigateurs en éclairant le peuple sur ses droits et ses devoirs, en lui faisant ressentir les bienfaits de la constitution. Considérant que le plus sûr moyen de parvenir à ce but est la réunion de corps et d'âmes de tous les vrais patriotes, intimement persuadés que l'union est une force invincible contre laquelle se viendront rompre les sourdes menées des conspirateurs, ont arrêté de se former en Société d'Amis de la Constitution et de s'assembler provisoirement les jeudi et dimanche de chaque semaine afin de veiller à l'exécution des lois et de propager les principes de liberté". Le règlement de la société, adopté le 10 juin suivant comprenait 30 articles : L'article 2 disait : "l'objet de la Société est : 1) de s'occuper de tout ce qui peut intéresser la liberté, tendre à l'utilité générale et spécialement à propager le patriotisme. 2) de se pénétrer des principes qui auront dirigé les décrets de l'Assemblée Nationale. 3) de travailler de tout son pouvoir à l'affermissement de la Constitution. L'article 10 prévoit des sanctions contre les membres convaincus d'avoir manifesté verbalement ou par écrit, des principes contraires à la Constitution et aux Droits de l'Homme. Cette Société avait ses comités de rapports et de surveillance. Le comité de rapports était chargé de la correspondance avec les autres sociétés populaires et avec le Comité de Salut Public. Il ne craignait pas de s'adresser à l'accusateur public pour lui désigner les personnes à guillotiner. Le comité de surveillance était chargé des enquêtes et dénonciations. La société fit d'abord preuve de modération vis à vis des prêtres insermentés, disant que "les principes d'un gouvernement avaient pour but la tolérance la plus parfaite et la liberté entière des cultes ; qu'en conséquence, il fallait plaindre l'égarement de nos frères fanatisés tant qu'ils ne troublaient pas l'ordre public, mais surveiller de la manière la plus active la conduite de ces prêtres réfractaires et pervers et s'assurer de l'exécution des lois de rigueur que les autorités constituée s'étaient obligées de leur signifier". Le 20 juin 1792, en apprenant la prochaine arrivée de l'armée prussienne, la patrie fut déclarée en danger ; une levée générale de volontaires, la réquisition des armes et munitions et la mise en état "d'activité permanente des gardes nationaux" furent ordonnées ; le 23 juillet 1792, une altercation avec coups de feu se produit à Pont-de-Beauvoisin, entre soldats français et sardes; Le commandant sarde fait retirer ses troupes sur les Echelles et le 22 septembre, le Général Montesquiou envahit la Savoie ; le 24 juillet, une dame venant de Chambéry sans passeport est arrêtée à la Tour du Pin, le 8 août l'ordre est donné d'arrêter un officier de dragons, passé le 7 à Chambéry, revenu le même jour au Pont-de-Beauvoisin qui s'est fait conduire à Saint-Genix et qui veut revenir à Vienne. Pour satisfaire à la réquisition des armes et munitions, chaque particulier dut faire sa déclaration d'armes dans le délai de huit jours. Le 24 février 1793, un membre de la Société Populaire de Pont-de-Beauvoisin proposait de faire disparaître les Fleurs de Lys sur les boutons des vétérans, (Ces emblèmes étant devenus un objet d'horreur pour les vrais républicains) ; en même temps était demandée la destruction du monument fastueux et insolent élevé dans le passage de la grotte (les Echelles), au roitelet de Sardaigne par ses serviles courtisans et, en effet, l'inscription latine en l'honneur de Charles-Emmanuel III fut mutilée par de "braves républicains qui avaient déjà terrassé les armées des despotes". Egalement, les armes des Rois de France gravées sur l'une des pierres-limites du Pont François 1er, à Pont-de-Beauvoisin, furent biffées et les Fleurs de Lys grossièrement transformées en roses. Le 20 mai 1793, un arbre de la liberté fut planté à Pont-de-Beauvoisin, pour la prestation de serment de la nouvelle constitution ; peu après, cet arbre dut être remplacé par un autre plus jeune sur lequel on fit placer, à dix ou douze pieds de hauteur : "les Français ont une patrie" et sur l'oriflamme qui devait y flotter, les mots: "Egalité, Liberté, République une et indivisible".

En 1794, on s'est souvent demandé si les deux Pont-de-Beauvoisin ne pourraient pas être réunis en une seule localité ; nos ancêtres y ont pensé avant, le 21 vendémiaire an 111 (14 octobre), les habitants du Pont (Isère) firent une pétition pour annexer à eux le Point (Savoie), en voici la forme et le sort qu'elle eut, depuis il n'en n'a plus été question : le 14 octobre 1794, le Conseil municipal de la commune de Pont (Isère) adressa une pétition au représentant du Gauthier, pour lui demander la réunion de la commune (Savoie) à celle de Pont (Isère), pour ne former plus qu'une commune qui dépendrait du district de la Tour du Pin. Le Conseil de la commune du Pont (Savoie) représenta avec beaucoup d'insistance que cette commune n'était qu'à six lieues de Chambéry, tandis qu'elle se trouvait à neuf de Grenoble ; que toutes les relations d'habitudes et de commerce étaient avec Chambéry, et que la population locale ne verrait ce changement qu'avec une extrême répugnance. Le Conseil général du département pris ces raisons en considération et engagea le représentant du peuple à rejeter la demande ; ce qui fut fait. (Rajon)



En 1804, le 27 brumaire, le pape Pie VII, se rendant à Paris pour couronner Napoléon 1er, passe au Pont dans un carrosse tiré par huit chevaux blancs et est reçu par les autorités à la mairie.

En 1804, le 19 novembre, parmi les plus éminents des voyageurs de marque passés au Pont-de-Beauvoisin, il convient de mentionner au XIXème siècle, le Pape Pie VII, qui se rendrait à Paris pour le couronnement de Napoléon 1er. Il arriva au Pont rive-droite le 19 novembre 1804 ; On lui fit un accueil triomphal. (PPB)

En 1805, 26 germinal (16 avril), Napoléon passe au Pont, en route pour Milan. Il promet des subsides pour la réfection des clochers des deux églises. Il cite dans ses mémoires que le général Cambronne s'est baigné tout nu dans la fontaine de la place de la république, C'était un colosse couvert de cicatrices.

En 1808, 8 avril première demande de réunion des deux Pont par le maire Pont de Beauvoisin Isère, les querelles ne prirent fin qu'à l'annexion de la Savoie à la France en 1860.

En 1814-1815, après le congrès de Vienne, du 3 octobre 1814 au 9 juin 1815, le Roi de Sardaigne reprit ses droits sur la rive droite du Guiers dont les eaux servirent, à nouveau, de frontières entre la France et la Savoie. (PPB)

En 1824, c'est à M. Blain "Able" que le Pont de Beauvoisin doit la fondation du collège royal, devenu le petit séminaire

En 1843, M. Philippe Rajon naît à Pont-de-Beauvoisin Isère le 9 août 1843. Imprimeur-libraire à Pont Savoie, issu d'une famille qui a toujours été républicaine, il fit ses études au collège de Pont Isère; Il prit part à la guerre franco-allemande de 1870-71, comme vaguemestre du 4ème bataillon de la 6ème légion des mobilisés de l'Isère. Après quelques années passées dans le tissage des soieries, il fonda une imprimerie typographique. Délégué cantonal en 1885. De la Société musicale fondée en 1862, il en devint président en 1900. Collaborateur littéraire et régional au journal Lyon Républicain en 1877. Il a écrit un volume descriptif de la région : la Vallée du Guiers 1888.

En 1844, Laubin Etienne naît au Pont le 14 décembre. Industriel, maire de Pont en 1900, Officier d'Académie et Conseiller général de la Savoie en 1904.

En 1860, le 22 avril, Victor Emmanuel II obtient l'appui de la France dans la guerre de l'indépendance italienne, au prix de la Savoie ; par leur vote presque unanime (plébiscite du 22 avril 1860). Les habitants ratifient l'annexion à la France. (Savoie 1925)

En 1882, l'état à fait construire, un entrepôt pour recevoir chaque année la récolte des tabacs de la région qui a atteint le chiffre de 1.400.000 kilogrammes. Les planteurs livrent en janvier, février et mars leurs tabacs récoltés en août et septembre, et qui ont déjà passé quelques mois dans les séchoirs de la ferme. Après livraison, ils sont ensuite empilés par qualités et soumis à une fermentation minutieusement surveillée, puis emballés et expédiés dans les différentes manufactures de France. Cet entrepôt est construit prés du champ-de-mars et occupe une surface de plus de 2.000 mètres carrés : deux grandes ailes, reliées par une construction de service, forment l'ensemble de ces beaux bâtiments, au centre desquels s'élève une jolie maison isolée affectée aux divers bureaux de l'administration et au logement de M. l'entreposeur.( Rajon)

En 1894, on adoucit le profil de la route et l'on élargit le pont en y ajoutant les trottoirs soutenus par les arceaux de fer en encorbellement dans la vieille maçonnerie. La physionomie du vieux pont en est toute changée. Cependant ce furent les mêmes pierres que celle de 1536. C'est pourquoi il s'appelle le pont François 1er.)

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