AMEDEE II (1050-1077)

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AMEDEE II (1050-1077)

Message par lebeaujus le Lun 28 Fév - 6:22


Amédée II de Savoie, né vers 1050 - mort en 1077 ou le 26 janvier 1080, est le 5e comte de Savoie et de Maurienne en (1078-1080).

Famille

Il est le fils de Othon Ier de Savoie (v.1023-1060) et de sa femme Adélaïde de Suse (v.1015-1091).

Il monte sur le trône au décès de son frère Pierre Ier de Savoie en 1078, mort sans descendance mâle ; mais comme son frère il resta sous l'influence de sa mère Adélaïde de Suse qui était une maîtresse-femme.

En 1065, il épousa Jeanne de Genève, fille du comte de Genève Gérold I de Genève qui lui donna un fils et trois filles :

* Humbert II de Savoie, 6e comte de Savoie et de Maurienne
* Constance, mariée à Otton II († 1084), marquis de Montferrat
* Adélaïde († 1090), mariée à Manassès V seigneur de Coligny
* Auxilia, mariée vers 1080 à Humbert II († 1101), sire de Beaujeu

Son règne

Sous son règne eurent lieu les difficiles démêlés entre le pape Grégoire VII et le souverain du Saint-Empire, Henri IV de la maison de Franconie au sujet des investitures. Adélaïde et Amédée II servirent de médiateurs entre les deux puissances. Parents par alliance, ils aidèrent efficacement l'empereur qui les récompensa en donnant le Bugey à Amédée II et en reconnaissant les droits et l'inféodation du marquisat d'Ivrée à Adélaïde de Suse.

L'apport politique essentiel du comte Amédée II, réside dans le début de la prise de conscience par les princes de la maison de Savoie, de l'importance de leur position géographique, au carrefour du Saint-Empire, des États pontificaux, de Venise, du royaume de France, mais surtout en tant que gardiens des passages alpins.

* Leur jeu politique à l'intérieur de leurs terres, sera désormais de jouer les Piémontais contre les Savoyards, et, les Savoyards contre les Piémontais.
* Leur jeu diplomatique, face aux puissants, sera de se fortifier dans les montagnes, de contrôler efficacement les passages alpins, et surtout de s'agrandir dans toutes les directions aux dépens de leurs voisins, par un intense travail de diplomatie et d'alliances.

Amédée II accorda un grand nombre d'immunités au clergé, et en particulier aux ordres de Saint-Bernard et de Saint-Augustin. Depuis longtemps, les évêques eux-mêmes donnaient des terres aux monastères, alors que de nombreux et puissants barons entraient dans les ordres pour expier leur fautes et leur vies de violence, de rapines et de tueries, tentant ainsi d'échapper au remords de leur conscience, mais surtout, ils apportaient aussi de nombreux biens.

À la fin du règne d'Amédée, — mais pour certains ce ne serait qu'une légende forgée au XVIIIe siècle — des monastères s'élevaient partout sur les terres du comte de Savoie, la moitié du territoire appartenait aux nombreuses abbayes et toutes ces terres étaient cultivées par plus de cent cinquante mille serfs, qui avaient en général une vie plus rude et étaient plus malheureux que les serfs des seigneurs. De nombreux serfs, chaque année tentaient de s'enfuir vers le Piémont, poursuivis et chassés par les officiers abbatiaux. Certains seigneurs, jaloux de la puissance des abbayes, ou en procès contre elles, protégeaient et aidaient ces désertions.

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Re: AMEDEE II (1050-1077)

Message par lebeaujus le Dim 27 Mar - 7:38

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France,

Les Princes de la maison royale de Savoie, par M. Édouard de Barthélemy

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L'obscurité de ces règnes empêche malheureuse-
ment de suivre l'origine de l'extension des Etats de
Savoie pendant la période précisément la plus intéres-
sante, et l'historien de cette maison, le marquis Costa
de Beauregard, ne peut s'empêcher de regretter vive-
ment cette lacune qu'il a vainement cherché à com-
bler. La vie du comte Amédée II, qui régna de 1078
environ à 1094, nous fournit cependant quelques dé-
tails. Lui et sa mère se trouvèrent naturellement mê-
lés, par leurs rapports de parenté, à la grande que-
relle entre le pape et l'empereur : le comte servit ac-
tivement d'intermédiaire à son beau-frère dont il
épousa chaudement les intérêts, sans cependant se
compromettre envers Grégoire VII; et en récompense
il reçut de Henri, le Bugey, petit pays qui forme au-
jourd'hui une partie du département de l'Ain et qui
était d'une grande importance pour Amédée en lui
donnant pied sur le territoire français, au delà de la
ceinture des Alpes qui semblait le séparer de l'Occi-
dent : on croit aussi qu'il se fit inféoder le marquisat
d'Ivrée, auquel avait droit la comtesse Adélaïde, du
chef de sa mère Berthe, fille du dernier marquis.

Amédée épousa Jeanne, fille de Gérald, comte de Genevois et de Gisèle, nièce du comte Raoul de Bourgogne : il n'eut que trois enfants,
Humbert II,
Constance, mariée à Boniface II, marquis de Montferrat,
et Lucrèce à André Visconti, comte de Milan.


Amédée avait vivement protégé le mouvement mo-
nastique qui se faisait sentir dans la haute Italie, et
il y appela lui-même encore quelques enfants de saint
Benoit et de saint Augustin, qui là, comme partout
ailleurs, furent les grands instructeurs des popula-
tions rurales. Guichenon enregistre avec soin les
nombreuses donations faites par ces princes aux ab-
bayes fondées dans leurs Etats. Humbert II, son suc-
cesseur, qui pendant ses premières années put encore
écouter les conseils de sa grand'mère Adélaïde, imita
cet exemple et ne se montra pas moins aumônier.
Humbert est aussi le premier comte de la maison de
Savoie qui porta positivement les titres de comte de
Maurienne et de marquis de Suse. Il inaugura son
règne en s'emparant de la Tarentaise sur le sire de
Briançon (1), et se trouva ensuite pendant quelque
temps dans de grands embarras à cause de la mort de
son aïeule, « l'ornement de son siècle, » dont on voulut
un instant lui disputer l'héritage. En 1096, il accompagna, croit-on, Godefroy de Bouillon en Terre-Sainte :
le reste de sa vie, d'ailleurs, n'est signalé que par des
fondations pieuses; il mourut en 1103, ayant établi
fermement la domination de sa maison sur la moitié
de la Maurienne, la Tarentaise, la haute Savoie, le
duché de Turin, la vallée d'Aoste et le marquisat de
Suse (1). Il épousa Gilles, fille de Guillaume II, comte
de Maçon, et qui se remaria avec Renier, marquis de
Montferrat : cinq enfants naquirent de cette union,
outre l'héritier présomptif :

Guillaume de Savoie, chanoine de Liége et abbé de
Namur;

Humbert de Savoie, mort sans postérité;

Renaud de Savoie, prévôt de Saint-Maurice en Cha-
blais ;

Adélaïde de Savoie, femme de Louis le Gros, roi de
France et remariée à Mathieu de Montmorency, con-
nétable ;

Agnès de Savoie, alliée à Archambaud de Bourbon.

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